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Jules Verne aimait le grand spectacle, ses effets de scène et ses coups de théâtre. Et certains de ses livres, Le Tour du monde en 80 jours notamment, sont conçus comme des machines théâtrales. Tout y est calibré, ajusté pour tenir le lecteur en haleine, l'étonner, le distraire ou le prendre à contre-pied. On est en pleine esthétique romantique, celle de Dumas en particulier, avec qui Verne collabora un temps. Mais le Tour du monde c'est aussi l'avènement du monde industriel, le culte de la machine, de l'efficacité, le pointage horaire étendu à une échelle universelle. Culte porté jusqu'à l'outrance, avec un humour féroce, une ironie mordante : Verne n'est pas dupe. Et s'il agite ses personnages comme des marionnettes prises de frénésie, c'est pour, en sourdine, articuler un discours de révolte : Philéas Fogg n'est pas si loin de Némo l'anarchiste, nouveau Faust moderne, et ce texte éblouissant cache bien des profondeurs. --Scarbo
--Ce texte fait référence à l'édition
Poche
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Présentation de l'éditeur
Phileas Fogg , gentleman anglais, membre éminent du Reform club est un homme curieux, à la fois ponctuel et méticuleux. Il parie 20 000 livres avec les membres de son club qu'il parviendra à boucler le tour de la terre en 80 jours : « un anglais ne plaisante jamais quand il s'agit d'une chose aussi importante qu'un pari. ». « Donc, ajouta-t-il en consultant un calendrier de poche, puisque c'est aujourd'hui mercredi 2 octobre, je devrais être de retour à Londres, dans ce salon même du Reform-Club, le samedi 21 décembre, à huit heures quarante-cinq du soir, faute de quoi les vingt mille livres déposées actuellement à mon crédit chez Baring frères vous appartiendront de fait et de droit, messieurs ». Le soir même, accompagné de son fidèle domestique français, Passepartout, il prend le train pour Paris. Soupçonné, à tort, d'être l'intrépide voleur de la Banque d'Angleterre, il sera également suivi tout au long de ses pérégrinations par le détective Fix qui ne parviendra cependant jamais à l'arrêter, le mandat d'amener arrivant toujours trop tard. Les aventures mènent nos deux compères aux Indes. N'écoutant que son courage, Phileas Fogg sauve du bûcher la princesse Aouda, la veuve d'un maharadjah, laquelle le suit dans son périple. En Amérique, Phileas Fogg doit faire face à l'attaque du Pacific Railroad. Il parvient à sauver le brave Passepartout, enlevé par les Sioux. Le gentleman anglais aussi ingénieux que courageux, parvient à se tirer de toutes les situations. Il n'hésite pas à emprunter une multitude de moyens de transport : paquebots, train, voitures, yachts, traîneaux, et même éléphants. Le roman se termine par un coup de théâtre : alors que Phileas Fogg croit avoir une journée de retard, il s'aperçoit qu'il a gagné vingt-quatre heures sur le calendrier en voyageant d'ouest en est. Il se rend donc à son club à l'instant précis où expire le délai de 80 jours. Finan-cièrement, le gentleman anglais ne gagnera rien puisque le coût du voyage représente à peu près le montant de l'enjeu. Mais il aura rencontré l'amour, sous les traits de la princesse Aouda, qu'il avait sauvé du bûcher en Inde, et qui devien-dra sa femme.
--Ce texte fait référence à une édition épuisée ou non disponible de ce titre.


