« Le bébé » est un livre sans concession. Marie Darrieusecq n’a pas choisi de dévoiler son bonheur d’être mère et ainsi, elle ne tombe pas dans la peinture facile ou niaise de la femme émerveillée, comblée par l’arrivée d’un nouveau né. Bien au contraire, elle reste perplexe, curieuse, parfois agacée face à cette apparition qui vient bouleverser sa vie. Ici le bébé n’est pas cette figure angélique que les médias utilisent à tort et à travers pour tout nous vendre. En effet, même si l’ensemble, en dehors de sa trame chronologique, semble fragmentaire (à l’instar de « naissance des fantômes »), la structure se réfugie dans les oppositions que le bébé génère à différents moments. Aussi, Il passe du registre du connu à celui de l’inconnu, de l’émerveillement à celui de l’agacement… Ici, pas d’intrigue. Pourtant, on dévore les pages, passionné par l’honnêteté avec laquelle l’écrivain conte sa vie de mère. Contre toute attente, les mots « torcher » sont employés et cassent l’image lisse et parfaite du bébé dont on oublie parfois aveuglément les aspects parfois peu ragoûtants. Grâce son réalisme-il s’agit d’un récit- Marie Darrieusecq signe un témoignage sincère, une vraie preuve d’amour avec ses avantages et ses inconvénients, et c’est en cela que son ouvrage est sans concession. A lire.