Alex, étudiant en anglais de 19 ans, a du mal à boucler ses fins de mois et à remplir son frigo. Il ne veut pas demander davantage d'aide à sa mère, et se décide à chercher un job. Cours de langue, fast-food, ... quand excédé par les pleurs du bébé à l'étage au-dessus, il se dit tiens, baby-sitter, pourquoi pas... Il dépose sa petite-annonce à la boulangerie, et Mélanie, la boulangère, l'embauche immédiatement pour garder ses enfants un samedi soir. Elle va lui faire une pub d'enfer, et il va vite être demandé par de nombreuses familles.
Ainsi commence l'histoire d'Alex, et des rencontres qu'il va faire, rencontres qui vont s'entrecroiser et l'aider à se construire. Rassurez-vous, on ne va pas vous parler de couches et jeux de société pour occuper les mômes, car très vite, Alex va surtout devenir le baby-sitter des parents, pas physiquement évidemment, mais en tant que confident attentif. Problèmes de couples, solitude, difficultés, Alex va sans vraiment le vouloir aider ces familles, tout comme en retour ces gens l'aideront à « grandir ». La galerie de personnages qui gravitent autour d'Alex est variée et bien creusée, ces hommes et ces femmes ont une vraie profondeur. Un personnage en particulier va prendre une place importante dans la vie d'Alex (et donc dans le roman), c'est celui de Marc, en souffrance depuis le départ de sa femme mutée à 200 km, et qui se retrouve seul avec ses deux fillettes, son épouse ne rentrant que le week-end.
Je n'en dis pas plus, sinon que la fin est très bien construite également, positive, rendant sa voix à chaque personnage, et donnant à Alex une maturité nouvelle.
Ce que Blondel réussit à merveille, c'est cette observation fine des gens, de leurs failles et de leurs joies aussi, tant dans les personnages féminins que masculins. Il a le regard juste pour traduire ce quotidien en apparence banal, ces vies ordinaires qui quand on lève un peu le voile sont bien plus riches qu'on ne l'imaginait.
Blondel s'inscrit aujourd'hui dans une littérature contemporaine comme je l'aime : la vie quotidienne telle qu'elle est, et quand on vous parle des autres, on ne vous parle jamais au fond que de vous-même. Un roman sensible et humain, qui finit bien, mais qui réussit aussi à vous filer un sacré coup de blues au passage.