L'idée de départ est incontestablement prometteuse. Une relecture "historique" du Nouveau Testament, sous un jour nouveau, et surtout sous forme romancée: un sacré pari!
Mais est-il vraiment tenu ? Le livre comporte ses parts de réussites indéniables: la reconstitution de la Palestine et de son contexte humain est riche, précise, très vivante: on sent le journaliste, très documenté, derrière la plume. Les choix "scénaristiques" de l'auteur (ce roman est très cinématographque) sont assumés et habilement menés: l'intrigue et sa perspective suscitent l'intérêt, les personnages l'attachement. Le livre est globalement plaisant, d'une lecture facile et agréable.
Cependant, on reste un peu frustré en sortant du roman, qui promet plus qu'il ne propose. Prolongeau nous a alléché, on aurait aimé qu'il exploite un peu plus (un peu mieux?) son histoire, qui par moments fait plus penser à un simple canevas de travail qu'à un texte abouti. Son roman aurait mérité d'être plus étoffé, plus approfondi, quand certaines de ses richesse semblent inexploitées. Un peu plus de souffle, de passion auraient été bienvenues. Peut-être l'auteur s'est-il lui-même bridé, de peur de déraper dans un sens ou l'autre sur un sujet toujours sensible; mais il s'est aussi privé d'une verve littéraire qui fait quelque peu défaut. De l'audace...
En conclusion, un bon bouquin, un roman agréable et original, dépaysant et maitrisé, mais pas (encore) un incontournable.