J'avais vu ce film à sa sortie. Je l'avais aimé. J'avais déploré la disparition trop précoce de Nicole Berger... mais surtout, j'avais oublié à quel point ce film est beau et juste. Les émotions, les sentiments, les incompréhensions, les interrogations, les pudeurs, les bouderies, les élans, les peurs aussi que ces deux jeunes, presque encore des enfants, ressentent devant leur avenir, leur amour, la force qui les pousse l'un vers l'autre ou le gouffre de l'inconnu qui les éloigne l'un de l'autre, tout cela est montré à fleur de coeur, à fleur de regard. "Phil et Vinca" ça ne forme qu'un seul mot comme il est dit dans le film. Le maladroit Phil fait l'expérience de l'amour physique avec une initiatrice sans comprendre les sentiments de cette Dame incarnée par une Edwige Feuillère, extraordinaire de retenue, de désillusion, de souffrance intérieure, de classe, qui fait indirectement cadeau à Vinca d'un Phil qui saura comment s'y prendre avec elle le moment venu, la Dame, elle, sait que c'est vers Vinca qu'il retournera parce que telle est la force de la jeunesse et de l'amour pur et entier de la jeune fille à qui la très émouvante Nicole Berger a donné vie. Merci à Claude Autant-Lara pour ce bijou qui m'a tout autant touchée qu'à sa sortie en salle, peut-être même davantage.