Au début avec ce livre, j''ai eu un peu la sensation de parcourir un album de Gaston tant certaines ressemblances pouvaient être frappantes : Max travaille dans un bureau où l''ennui développe ses tentacules à longueur de journée. Pourtant, si vraiment le goût de l''effort avait pu l''habiter, il aurait peut-être pu trouver de quoi faire dans cette entreprise. Mais voilà, Max est affublé du vice du glandeur et il brille par ses multiples trouvailles en matière de fainéantise.
Puis, cette originale immersion dans le monde de l'entreprise (dont on ne sait pas grand-chose au final) m''a petit à petit détournée de cette association gastonesque pour percevoir Max plutôt comme un facétieux insoumis aux lois du système formaté de l''Entreprise mais qui finalement, et malgré une certaine résistance, va quand même le rattraper.
«Mes facéties n''étaient qu''un apprentissage : déléguer mon travail, me détacher du quotidien, manipuler mes collègues'...Je suis devenu exactement ce qu''ils attendent de moi.»
Alors vaut mieux certainement en rire, ne pas se prendre trop au sérieux et aborder le «travail» avec dérision.
Renseignements pris et pour tout préciser, le blog de Max, avec en sous-titre «Manuel de démission mentale», a vraiment existé comme tel, à savoir sur le net, pendant plusieurs mois sous le nom de «Journal de Max». Il était le fruit d'un excès de dés½uvrement au travail, d''un manque manifeste d''enthousiasme et il a bien fallu tuer le temps, tout ce temps à ressasser un certain ennui, le peu d''intérêt dans ce qui est censé être fait huit heures par jour. Alors pourquoi pas, il s'agit sans doute d'un moyen comme un autre d''échapper à la difficile, très difficile réalisation de la très stéréotypée cocotte en papier tout en évacuant son fiel (pas trop étonnant, soit dit en aparté, quand on réalise le nombre de blogueurs qui bloguent de leur lieu de travail...)
Donc, ce blog-roman reprend les multiples billets publiés par Max sur le net durant ses heures passées à son bureau, avec néanmoins certains arrangements, une adaptation plus narrative que certains internautes trouvent d''ailleurs moins spontanée (forcément) mais aussi moins mordants que les originaux. Là, je ne peux apporter mon avis car je découvre à peine le phénomène.
Le roman se présente ainsi comme un journal où il n''est d''ailleurs question que de son travail et « le journal de Max, c''est : des textes bourrés d''humour, une critique pointue du monde de l'entreprise, des millions de visiteurs en quelques mois, un livre traduit en plusieurs langues, un auteur qui a réussi à préserver son anonymat.»
Un genre d''ouvrage à tester, peut-être, pour se faire sa propre idée.