Ce film, réalisé par Claude Autant-Lara en 1960, peut être vu comme tentant de reprendre la thématique des deux chef d'oeuvres du cinéaste: La Traversée de Paris (Occupation) et Le Diable au Corps (amours impossibles). Si la première partie du film qui est essentiellement une peinture de l'Occupation est assez réussie, la seconde partie narrant la rencontre entre la femme d'un colonel allemand et un résistant français est de manière générale faiblarde et peu crédible. Cela est du à une déficience d'interprétation, notamment de la part de Terzieff, mais aussi à des dialogues peu inspirés. A l'actif du film, une mise en scène solide et une photo qui ne manque pas de beauté. Mais pour faire croire à cette histoire invraisemblable, adaptant et modernisant une pièce des années 20, il eut fallu un sans faute que le cinéaste et son équipe est loin d'avoir fait. On peut aussi regretter que l'éditeur n'ait pas cru bon de sous-titrer les dialogues allemands assez nombreux. L'ensemble des dialogues des comédiens Gert Froebe et Horst Frank peuvent demeurer énigmatique à un spectateur peu familiarisé avec la langue de Goethe.