"Etre à la fois coupable et non coupable", telle est la clé de voûte de cet admirable récit à la tonalité grave et mélancolique.
Dithyrambe de la tolérance et de la justice, réquisitoire contre les meurtrissures d'un temps jamais révolu nous sont ici livrés par Elie Wiesel sans concession et sans artifices.
"Porter la parenté comme un fardeau", tel pourrait être le sentiment qui accable Yedidyah et Werner Sonderberg, les principaux protagonistes de cette histoire portée par l'empreinte d'une judaïté assumée.
Yedidyah, critique dramatique détaché (fortuitement...)le temps du procès Sonderberg à la rubrique Justice de son journal, se heurte aux vicissitudes de son existence et aux souvenirs familiaux parfois douloureux, vécus comme autant de stigmates à la cicatrisation incertaine.
Un aïeul vénéré pour l'un, abhorré pour l'autre. Deux destinées garrottées et assombries par de troublants secrets renvoyant à l'identification de l'un avec l'autre.
Un ouvrage remarquable, tant par sa construction narrative que par l'émotion spontanée qu'il suscite chez le lecteur.