Amazon.fr
Daniel Schneidermann sest vu signifier par la direction son renvoi du journal,
Le Monde où il écrivait depuis plus de vingt ans. Au centre de la polémique se trouve son livre intitulé
Le Cauchemar médiatique. Pourtant, rien de bien neuf dans les quatre chapitres de cet ouvrage consacrés au traitement journalistique des thèmes de linsécurité, des réseaux pédophiles, des rumeurs concernant lhypothèse dun non-attentat le 11 septembre (le livre de Thierry Meyssian
LEffroyable Imposture), de lépopée du
Loft. La thèse du journaliste est que, face à ce type de faits, les médias semballent et donnent une importance démesurée à des informations qui mériteraient plus de circonspection, voire un traitement mineur. Mais le cercle des journalistes est devenu, pour Schneidermann, à ce point dépendant de la "consommation médiatique" quil joue, consciemment ou inconsciemment, volontairement ou involontairement, le jeu de la fausseté et de la rumeur. Cependant, les pages qui font vraiment achoppement dans ce livre concernent sa conclusion. Là, dans un chapitre intitulé "Dedans, dehors ?", Schneidermann fait lautoportrait et lautoprocès de son propre journal,
Le Monde en loccurrence. Il raconte comment il sest trouvé pris entre deux feux lors de laffaire de
La Face cachée du Monde : du contre-pouvoir aux abus de pouvoir de Pierre Péan et Philippe Cohen et sommé de faire corps avec "sa boîte". Décrivant Edwy Plenel comme animé dune "indéniable brutalité humaine", et Colombani comme un patron "perpétuellement déchiré entre pulsion de meurtre et tendance naturelle à lindulgence", le journaliste narre lambiance électrique au sein du journal et la logique denfermement, de dénégation perpétuelle dans laquelle le quotidien sest réfugié ces derniers temps. Avec le recul, Schneidermann explique que lui-même sest retrouvé à jouer le jeu quelquefois. Au nom du droit fondamental de la critique objective, dans le désir de faire son devoir de journaliste, Schneidermann dévoile donc une face cachée du
Monde dans
Le Monde. Grincements de dents, renvoi expéditif, la complainte de Schneidermann na visiblement pas plu.
--Denis Gombert
--Ce texte fait référence à lédition
Broché
.
Présentation de l'éditeur
Quel point commun entre " Loft Story ", l'insécurité, les réseaux pédophiles, les livres l'Effroyable imposture ou La face cachée du Monde ? Tous ces sujets ont créé des emballements médiatiques, de passagères bouffées de folie, ces moments où chacun peut délirer puisque tout le monde dit n'importe quoi. Les trains, les stades, les écoles sont des coupe-gorge, nous répéta-t-on pendant toute la dernière campagne présidentielle. Et nous le crûmes. En tout instituteur sommeille un pédophile, nous répètent mille rumeurs. Et nous tremblons pour nos enfants. Aucun avion ne s'est écrasé sur le Pentagone, nous annonce Thierry Ardisson. Et, stupéfaits, tétanisés, nous nous sentons prêts à le croire. Souvenons-nous de ces moments où se mêlent terreurs, euphories, dépression, et un trouble consentement. Succédant à de longues périodes d'omerta et d'autocensure, ces transes modernes rassemblent des ingrédients communs. On y croise les mêmes personnages d'ogres et de victimes, de justiciers et de naïfs, de manipulateurs et de complices. On est victime de sombres complots. On ressent dans sa chair l'effondrement des anciennes certitudes, des anciennes protections. On y perd ses repères, son sens critique, et jusqu'à son identité. Omerta, emballement : telles sont les deux étapes infernales du cauchemar médiatique. Le premier but de ce livre est d'apprendre à reconnaître ces situations de cauchemar, première manière de ne plus en être victime, de s'en dégager.