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Commentaires client les plus utiles
3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
4.0 étoiles sur 5
Un film à (re)découvrir,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chanteur de jazz (DVD)
Je trouve le commentaire précédent bien sévère... Je vais donc essayer de faire pencher la balance de l'autre côté... Comme c'est la première fois que je poste sur Amazon, je vous prie d'être indulgent-e-s, cher-e-s client-e-s et internautes de passage, car je crains de m'emmêler les pinceaux !Certes, "Le Chanteur de jazz" ne saurait être considéré comme un chef d'œuvre (1927 est l'année de sortie de "Metropolis", du "Napoléon" d'Abel Gance, de "La Passion de Jeanne d'Arc" de Dreyer ou encore de "L'Aurore" de Murnau, et bien sûr nous ne sommes pas ici dans la même catégorie), mais il mérite tout de même le détour. "The Jazz singer" est surtout connu de réputation : il est considéré comme le premier film parlant, ou plutôt sonore, même si pour les historiens du cinéma deux autres au moins l'ont précédé (de peu) : "Don Juan" (1926) et "Old San Francisco" (1927), du même Alan Crosland. Film sonore, ou pour mieux dire musical, car en dehors des chansons interprétées par Al Jolson et des morceaux de musique sacrée juive, il y a très peu de passages parlés, et une partie du film repose sur la structure du cinéma muet, avec cartons d'intertitres. Ce caractère hybride n'est cependant pas gênant. Rendu possible grâce au procédé « Vitaphone », développé par la Warner, "Le Chanteur de jazz" est un mélodrame musical qui repose presque tout entier sur sa vedette principale, Al Jolson. Bien que celui-ci soit surtout un chanteur (que j'apprécie beaucoup et qui mériterait à mon avis d'être davantage écouté de nos jours), j'ai trouvé que son interprétation était intéressante et convaincante. En habile homme de spectacle, Al Jolson s'attire d'emblée la sympathie du spectateur en livrant des prestations musicales fort réussies à mes yeux. Il est vrai que le film est à sa gloire... Le scénario, tiré de "Day of Atonement" [Le Jour du Grand Pardon], une pièce de Samson Raphaelson (1894-1983), peut paraître donner dans l'émotion facile, mais j'avoue avoir « marché ». Le conflit intérieur du jeune Jackie Rabinowitz, déchiré entre sa passion du music hall et sa loyauté filiale envers son père qui veut lui faire prendre sa suite comme chantre à la synagogue, est crédible et certaines scènes sont réellement poignantes. L'acteur suédois Warner Oaland, qui interprète le cantor Rabinowitz, est remarquable en père inflexible gardien de la tradition, Eugenie Bessemer compose une mère meurtrie touchante, et May McAvoy s'en sort très bien dans le rôle de l'actrice Mary Dale. Les scènes montrant les cérémonies religieuses hébraïques sont également des moments forts du film. Les chants juifs sont très prenants, et offrent un contrepoint dramatique et profond au répertoire léger et swinguant d'Al Jolson. N'ayant jamais eu l'occasion de voir ce film souvent cité, je l'ai découvert avec plaisir grâce à ce DVD de bonne facture édité par Warner. Le film est très convenablement restauré, et nous avons même droit à des bonus qui ne sont pas, sauf erreur, répertoriés sur la jaquette : "Al Jolson in a Plantation Act", un court-métrage sonore de 1926, longtemps considéré comme perdu, montrant le chanteur dans ses œuvres (c'est sa première prestation cinématographique); "I Love to Singa", un cartoon en couleurs de 1936 réalisé par le jeune Fred Avery (son surnom « Tex » ne figurait pas encore dans les génériques) et dont le personnage principal est un petit hibou apprenti chanteur du nom d'« Owl Jolson »... ; "An Intimate Dinner in Celebration of Warner Bros. Silver Jubilee", un film d'auto-célébration désuet mais agréable réalisé pour les 25 ans de la firme cinématographique, et qui permet de voir notamment Loretta Young, Douglas Fairbanks Jr, Edward G. Robinson et Walter Pidgeon. L'édition française de ce DVD propose aussi le commentaire audio d'un historien du cinéma américain. Il faut noter que l'édition zone 1 originale présentait beaucoup d'autres suppléments qui n'ont pas été repris pour l'édition française. Quelle en est la raison ? Mystère... Cependant, en l'état, le DVD proposé sur le marché français est une réussite, et vaut la peine. Petit bémol : on nous impose l'insupportable clip anti-piratage au début du DVD, lequel nous prend pour des voleurs et sait si bien nous remercier d'avoir acheté ce film... Sur la lancée de son succès, Al Jolson tournera dès 1928 "The Singing Fool", que je n'ai pas vu et qui reste à ce jour inédit en DVD. Enfin, espérons qu'un autre film musical de cette époque, mais d'un tout autre calibre, soit lui aussi remis en circulation : je pense à l'"Hallelujah!" de King Vidor, tourné en 1929 avec des artistes noirs. C'est d'une certaine façon le contrepoint jazz au film d'Alan Crosland, qui ne montre "que" des blancs et fait entendre une musique plaisante certes, mais sans commune mesure avec la vraie musique africaine-américaine. Toutefois, on peut aimer les deux, naturellement ! Voilà, mon modeste plaidoyer est fini, et j'espère ne pas avoir dit trop de sottises... Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
1 internaute sur 1 a trouvé ce commentaire utile :
5.0 étoiles sur 5
Une révolution pour l'époque!,
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chanteur de jazz (DVD)
Ce film a marqué un tournant décisif dans l'histoire du cinéma!... Et bien que divers essais avaient déjà été réalisés (Voir les coffrets Gaumont "Le cinéma premier" mais aussi le coffret "Les premiers pas du cinéma" édité par Lobster en vente sur ce site) le présent film est unanimement reconnu comme étant le premier film parlant!... Désormais le cinéma ne sera plus jamais muet!...sauf volonté d'auteur évidemment... C'est aussi l'occasion pour beaucoup de revoir et de réentendre Al Jolson, lequel était déjà une gloire confirmée du music-hall et de la chanson de l'époque, qui reprend et interprète en la circonstance quelques uns de ses plus grands succès tels "Toot, Toot, Tootsie" "Dirty hands! Dirty face!" "My mammy" "Mother of mine" "My blue heaven" etc... Pour tous les cinéphiles avertis, les personnes avides de savoir et désireuses d'accroître leur culture et tous les amateurs du genre évidemment!Pour plus d'infos voyez mon commentaire en rapport avec le coffret "Les premiers pas du cinéma"... Merci! Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
2 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Vous n'avez encore rien entendu !,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chanteur de jazz (DVD)
Le fils d'un chantre juif, chassé du ghetto par son père, devient une star de Broadway.La notoriété du Chanteur de Jazz repose sur un malentendu : comme c'est le premier film parlant ("chantant" serait plus exact) de l'histoire du cinéma, on a tout simplement oublié que c'était avant tout un bon film en soi. Al Jolson, alors une énorme star, y livre une très belle performance, à la fois hommage à son héritage juif et en montrant l'étendue de son talent. Autre image qui a marqué les esprits (et est aujourd'hui controversée), la célèbre séquence où il chante grimé en noir aux grosses lèvres. Il ne s'agit en rien d'une approche qui ne serait plus politiquement correcte mais du fait qu'à l'époque, pour chanter du jazz devant le grand public c'est ainsi qu'on se présentait. Autrement dit, c'est un rôle dans le rôle, pas une approche raciste. Au contraire, Le Chanteur de Jazz est une ode à la différence, au fait qu'un fils puisse aimer son père sans vouloir lui ressembler. Cela vaut pour un juif du ghetto, cela vaudrait tout autant pour un jeune gay (ce à quoi pourrait faire penser le jeu très affecté de Jolson, mais qui est simplement un travers d'acteur de l'époque). Enfin bien sûr, il y a le son. Dans ce film majoritairement muet, avec des cartons pour les textes, on imagine mal quel dut être le choc pour les spectateurs de l'époque quand la voix de Jolson s'élève pour la première fois. D'ailleurs, à la fin de sa chanson, il proclame une réplique devenue célèbre car elle s'adresse au public dans le film mais aussi à celui qui regarde le film : Wait! You ain't heard nothin' yet! (Attendez, vous n'avez encore rien entendu !). En ce jour d'octobre 1927, on venait de changer le cinéma à tout jamais. Ni la couleur, ni la 3D aujourd'hui, n'ont apporté une révolution aussi drastique. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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