Le chantier en question est une route en construction (le socialisme / la vie elle-même) dont on ne sait où ni quand elle s'achèvera.
Sur ce fil conducteur, Mo Yan mélange avec naturel le présent et le passé pour conter les péripéties vécues par quelques-uns des ouvriers.
Fables sombres et cruelles, à la limite du grand-guignolesque, dans lesquelles la bêtise et la pauvreté sont des moteurs d'une narration très sobre, sans graisse superflue.
La mort y rôde souvent, et contribue pour une part à la survie de ceux qui y échappent.
L'absurde y tient une place de choix, comme l'illustre l'histoire de Lai Shu. Il découvre une amphore remplie d'or et d'argent puis, craignant que d'autres ne la lui volent, décide qu'il n'a pas d'autres solutions que de l'enterrer... un peu plus loin.
Un peu comme on donne la vie, chacun n'est ici qu'un passeur. Un ouvrier sur la longue route.