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27 internautes sur 28 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Il revient en pleine forme....,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chinois (Broché)
... après le très moyen "dernier Wallander". Attaché pourtant au grand Kurt je suis tenté de dire que ça a fait beaucoup de bien à notre ami Mankell de changer de "héros".La verve et l'imagination ont repris un coup de fouet. On se ballade à travers les continents sans perdre le fil. Ce fil est toujours présent, c'est linéaire comme j'aime désormais, les phrases courtes comme chez l'immense Steinbeck. Les "raisins de la colère" à la sauce Mankell. Une bouffée d'air pur dans le magma étouffant et insipide de la production actuelle de polars. Et en plus, cet opus est ouvertement une ode au Grand Timonier contre les dérives (soyons courtois) de la majorité actuelle du PC Chinois. On savait l'auteur "engagé" (ce qui se fait rare de ce coté là...) mais là cela relève du courage politique et littéraire. Il refuse de crier avec les loups. Merci encore. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
11 internautes sur 11 ont trouvé ce commentaire utile
3.0 étoiles sur 5
Bien décevant,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chinois (Broché)
Le premier personnage est un loup norvégien, il ouvre à la fois le roman et l'enquête. Et de quelle manière ! Et il la clôturera. Un symbole ? Pas léger, léger... Puis, bien sûr, les humains apparaissent, deux femmes nettement plus intéressantes que Linda Wallander !S'ensuit une rupture brutale du récit, sans aucune annonce : on plonge dans la Chine des années 1860 et ce qui arrive à... chut ! Secret! Partie passionnante, effrayante, révoltante. La meilleure du roman. Et le rythme se met à faiblir, il ne se passe plus grand chose : on part en Chine, puis on s'envole au Zimbabwe (avec un curieux panégyrique du dictateur Mugabe...), un bref retour en Suède, et hop ! d'un bond on excursionne à Londres. Et ouf on se pose en Suède. On sera aussi allé au Danemark et au Mozambique. En fait Mankell a voulu lié 3 récits en un seul. Certes tous les 3 sont fort intéressants mais ici il les a liés trop lâchement. La vie d'esclave des chinois; la politique actuelle et surtout future, de la Chine; et l'intrigue policière stricto sensu, ne se combinent pas très finement. Tout ceci s'agglomère mal. Et d'ailleurs, et pour un polar c'est gênant, l'intrigue n'est pas franchement résolue : on sait à peu près qui a commis ..., mais le mobile manque. Et les lourdeurs ne manquent pas : les 15 pages d'exposition de la nouvelle politique chinoise expansionniste sont à la fois très longues, inutiles et malvenues. Les innombrables allusions au cosmopolitisme du monde moderne, quand l'auteur donne bien lourdement la nationalité du personnage sont franchement grotesques (évidemment pas la moindre once de racisme à ce propos). Et qu'une juge soit à ce point nigaude, qu'elle ne contacte même pas ses collègues policiers : on n'y croit pas ! Les invraisemblances sont ici nombreuses. À lire malgré tout car H. Mankell aborde un sujet neuf. Et un Mankell moyen, c'est quand même bien. Tout simplement. Mais vivement que l'éditeur se décide à publier "Pyramides". Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
22 internautes sur 25 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
En pire du Milieu,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le chinois (Broché)
Henning Mankell a terminé d'écrire Le chinois en janvier 2008. Dans les premières pages, il décrit un massacre épouvantable, 19 personnes d'un petit village suédois exécutées à l'arme blanche. Le genre de crime inimaginable dans la paisible Scandinavie ? Le romancier n'est pas visionnaire, mais comment ne pas penser à ce qui s'est passé en Norvège en juillet dernier, même si les circonstances ne sont pas comparables. Après un démarrage aussi sanglant, nonobstant l'absence du commissaire Wallander, le lecteur s'attend à une enquête traditionnelle, mais ce n'est pas vraiment à ce qui va suivre. Très vite, Mankell va nous faire voyager. Dans le temps et dans l'espace. Aux Etats-Unis, vers les années 1860, à l'époque de la construction des voies de chemin de fer transocéaniques, en Chine, à la même période, puis à l'époque moderne, et enfin en Afrique australe, notamment au Mozambique. Le chinois est-il un thriller ? En partie seulement, et c'est loin d'être le principal intérêt du livre. C'est quand le roman se transforme en réflexion géopolitique qu'il devient réellement passionnant. Avec une vision de la Chine plutôt terrifiante, tant sur le plan intérieur (Orwell n'est pas loin) qu'extérieur, avec la volonté hégémonique d'un pays qui vise à coloniser l'Afrique, sur des bases économiques, s'entend, ce qui lui permet de régler un certain nombre de problèmes explosifs tels que la paupérisation des paysans chinois et les révoltes qui en résultent. Ce n'est pas non plus en visionnaire que Mankell écrit, cette politique est déjà en marche, mais il la raconte avec une précision glaciale et imagine une stratégie d'expansion tout ce qu'il y a de plus crédible, avec les luttes d'influence concomitantes dans les plus hautes sphères de Beijing. Et l'aspect policier dans tout cela ? Il est bien là, s'effaçant parfois, pour réapparaître au gré d'une intrigue un brin tarabiscotée, qui permet de tout relier : 1860 à 2008, de la Suède à la Chine. Une des grandes qualités du livre, et ce n'est pas une surprise de la part de l'auteur, c'est la finesse psychologique de ses personnages. Ils sont assez nombreux à occuper la scène, une bonne dizaine, le caractère central étant une juge suédoise, Birgitta Roslin, qui, sans être chargée de l'enquête, se retrouve mêlée à l'intrigue et même plus étroitement qu'elle ne l'aurait souhaité. Birgitta a quelques traits communs avec ce bon vieux Wallander : des problèmes de santé, la peur de vieillir, une honnêteté qui confine parfois à la naïveté. Elle n'est pas juge par hasard, Mankell en profite pour enfoncer le clou sur un thème qu'il a déjà souvent abordé : la déliquescence du modèle suédois confronté à la mondialisation et à une violence de plus en plus prégnante (où l'on revient à la tuerie évoquée plus haut). De bien des façons, Le chinois est un ouvrage engagé, qui peut faire grincer des dents (le portrait de Mugabe, le leader du Zimbabwe, dictateur patenté, est étonnamment bienveillant), qui certes use parfois de raccourcis rapides dans son intrigue de polar, mais qui est prenant de bout en bout, en dépit d'un style sans éclat particulier, et qu'on ne lâcherait pas avant la fin pour un empire. Fût-il du Milieu !
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