La révolution égyptienne de 1952 s'est longtemps employée à vilifier le roi Farouk et son régime. Mais, de plus en plus, on entend des voix exprimant le regret du roi Farouk et de son temps, et pas seulement parmi les exilés d'Egypte. *Le colonel et l'enfant-roi*, de Gilbert Sinoué, cairote de naissance, s'inscrit dans cette catégorie. On y apprend que le roi Farouk était un musulman pieux. Il ne buvait pas d'alcool. Il faisait bien l'amour et plaisait vraiment aux dames, contrairement aux racontars. Il n'a pas fait fuir d'énormes sommes d'Egypte avant son abdication, et vivait même petitement vers la fin. Il parlait arabe, contrairement à son père, le roi Fouad, et à ses ancêtres. Le peuple égyptien l'aimait vraiment (et aimait Naguib aussi, qui l'a renversé), et il l'aimait aussi sincèrement. Il n'a pas divorcé de son épouse Farida après dix ans de mariage parce qu'elle ne lui avait pas donné de fils (en avance sur son temps, cette raison lui déplaisait), mais parce que les caractères ne s'accordaient pas.
Vérité ou révisionnisme? Un peu plus de recul historique nous l'apprendra sans doute. En tout cas, une chose est sûre: L'Egypte n'est pas mieux portante aujourd'hui que du temps de Farouk, loin s'en faut.