La revue Résumés
Futuribles
Avec Le compte à rebours, il nous avertit qu'en continuant à nous cramponner à un modèle français dépassé et hypocrite, nous ne ferons que masquer sous un discours républicain et social, pimenté d'un antiracisme de saison, un inexorable glissement du pays vers l'enlisement économique et social. Au seul profit d'un Front national qui apparaîtra comme la seule force alternative, le dernier recours.
Le moteur principal de cette irrésistible descente aux enfers, c'est un déficit budgétaire profondément enraciné dans la culture étatique, qu'il est bon de chiffrer à 3 % (du PIB, Maastricht oblige), alors qu'il faudrait parler de 15 à 20 % (du budget) pour voir les choses en face.
Ce déficit (même s'il est ramené à 2 %, ce qui sera difficile), continuera à alourdir la charge d'une dette qui représente déjà plus que le budget de la défense ou seize fois le budget de la culture. Il est égal à la charge de la dette elle-même, 250 milliards de francs, ce qui veut dire que l'État en est réduit à emprunter pour payer les intérêts, sans espoir de rembourser !
Et il ne sera plus question, avec la monnaie unique, de compter sur l'inflation pour alléger ce fardeau étouffant. Ce qui réduit à peu de choses la marge de manuvre de l'État.
Ce déficit est la sanction de multiples dérives imputables autant à l'idéologie qu'à l'irresponsabilité des dirigeants et au corporatisme des services publics, que François de Closets a abondamment dénoncés dans une dizaine d'ouvrages depuis 1969, notamment dans La France et ses mensonges, Toujours plus ! ou Le système E.P.M..
Son pamphlet recoupe largement les analyses récentes de Jacques Lesourne (Le modèle français : grandeur et décadence, Paris : Odile Jacob, 1998, 205p.) et d'Olivier Jay (Nos chers privilèges : quand les mauvais acquis chassent les bons, Paris : Grasset, 1998, 280p.). En contraste évident avec Hoang-Ngoc Liêm ou Jean-Paul Fitoussi qui croient toujours aux charmes de la relance par le déficit ...
Selon François de Closets, c'est à Le Pen - ou à Bruno Maigret - que reviendra finalement l'arbitrage, au train où vont les choses. Le compte à rebours est commencé ... -- Pierre Bonnaure --