Ce petit ouvrage est une pépite. Il comprends dix huit textes, dix huit moments, sans doute pour certains très autobiographiques, de la vie de cet auteur complexe qu'est Erri de Luca. Evidemment, sur la forme, nous nous trouvons avec ce livre à mille lieues du roman et de sa puissance évocatrice, comme par exemple Montedidio ou encore Trois chevaux.
Ici c'est le domaine de l'affect brut, celui de la violence exacerbée des mouvements gauchistes des années 60 en Italie auxquels l'auteur a adhéré, sur la violence encore des rapports à l'autre même s'il est objet d'affection, sur la violence de la nature.
Sans que ce soit un contrepoint, ce livre est aussi un hymne démesuré à l'amitié et surtout à l'amour. Pour paraphraser Sartre, ici on a bien "L'enfer c'est les autres", la lecture que l'on peut en faire est davantage "le paradis c'est les autres" avec toutes ces évocations de l'amour maternel, filial, entre homme et femme (passages superbes !!!) , entre camarades de lutte ou simples amis, entre être humains tout simplement.
Au final ce livre est à nouveau un livre d'absolus (l'absolu du lien impalpable qui relie deux êtres humains, lien si cher à l'auteur), un livre sur la fragilité de nos existences, sur la fatalité de notre destin de simples humains, sur le désenchantement des sociétés contemporaines.
Le titre est le reflet de tout cela : l'espoir vient de l'amour et du partage de cette existence avec un autre.