Il y a eu au XXè siècle une caste de poètes courageux qu'Artaud a justement appelé les suicidés de la société. Cette société qui très tôt à compris le danger que pouvais représenter la présence de tels hommes en son sein à tout fait pour les enterrer dans l'oubli ; leurs textes surtout, véritables pluies de comètes, secousses dont on n'a pas encore calculé l'intensité sur l'échelle de l'esprit. Daumal, le créateur de la revue culte « Le Grand jeu » fait partit de cette société secrète. Le Contre-Ciel est le carnet de bord d'un voyage sans retour, l'exploration de l'âme, le jour le jour d'un homme diminué par les drogues et les assauts répétés d'une liberté qui demande ses comptes. Du début à la fin ce n'est qu'une suite de cauchemars, de fantômes, d'éclairs dans la nuit, de saynètes grotesques, de combat menés contre la "gueule de néant". La source inconsciente reste incontrôlable mais petit à petit les poèmes vont vers une simplicité maîtrisée, une évidence qui témoigne d'une sagesse vécue. Il meurt à 37 ans. Simplement, il aura brûlé sa maison et marché vers l'Orient. La lucidité, l'exploration du monde et la découverte de la véritable essence de l'homme divise la vie des poètes par deux. Ceci est une statistique glaciale. Attention donc, livre dangereux mais salvateur ! Sera t'il lu ? Oui ! Et véritablement comprit en l'an 2153.