Présentation de l'éditeur
De 1917 à 1922, une épidémie de lettres anonymes sabat sur la ville de Tulle. Glissés dans les paniers des ménagères, abandonnés sur les trottoirs, les rebords des fenêtres et jusque sur les bancs des églises, ces centaines de courriers qui dénoncent linfidélité des uns, la mauvaise conduite des autres alimentent toutes les conversations et inquiètent les habitants. Peu à peu, une atmosphère de suspicion recouvre la ville : quel est donc ce mystérieux anonyme et que recherche-t-il ? Quand un greffier de la préfecture, troublé par la réception dune lettre anonyme, perd la raison et meurt au cours dune crise de démence, lenquête policière saccélère et la presse nationale se précipite à Tulle à la recherche dun fait divers qui puisse passionner autant les Français que le procès de Landru qui vient de sachever. Les feuilles à scandale ne se trompent pas : laffaire des lettres anonymes de Tulle se révèle machiavélique et linstruction riche en rebondissements, du suicide ou de lassassinat dune présumée coupable à la grande dictée des suspects organisée par un expert graphologue en passant par le dessaisissement du juge qui a eu la mauvaise idée de faire appel à un voyant pour y voir plus clair. Une fois le coupable identifié, ce fait-divers qui a défrayé la chronique aurait pu être oublié sil navait servi de source dinspiration à Henri-Georges Clouzot pour réaliser Le Corbeau en 1943, un film noir et maudit, peut-être le chef-duvre du cinéma des années noires que les censeurs de la Libération ont stigmatisé pour avoir donné une image peu reluisante de la France occupée. Si le Corbeau a durablement éclipsé lhistoire dont il est issu, laffaire des lettres anonymes de Tulle mérite mieux que loubli car la réalité, noire, surprenante, diabolique, dépasse sans doute la fiction de Clouzot.
Biographie de l'auteur
Jean-Yves Le Naour, historien et spécialiste de la Première Guerre mondiale et de l'entre-deux-guerres, a déjà publié chez Hachette Littératures Le Soldat inconnu vivant (1918-1942) (2002), La Honte noire (2004) et La famille doit voter (2005). Avec Le Corbeau, il livre une histoire du fait-divers, de la rumeur et de la délation - le roman vrai du film de Clouzot.