Je ne reviens pas sur le style, l'intrigue, les personnages.
Je viens simplement dire que ce roman, que j'ai dévoré, cache derrière son histoire vraiment bien ficelée une vérité sordide. Et décrypte les chemins qui y mènent, que l'on connaît tous, et que l'on subit à chaque chapitre avec un sentiment d'impuissance devant ce qui se déroule inexorablement, dans la vraie vie cette fois.
Ici, c'est la Suisse, pays de l'argent, des secrets et des petits compromis qui arrangent tout le monde. Là-bas c'est la misère, la guerre, le désespoir de millions de personnes qui n'ont pour tort que de ne pas être né au bon endroit. Le lien entre les deux, c'est cet homme, semblable aux centaines comme lui que nous croisons chaque jour sans savoir ce qui a bien pu les amener à croire que le bonheur était ici plutôt que là-bas. Le bonheur ? Non, question de survie, simplement. Nous plongeons dans l'intimité de cet homme, partageons avec lui son désarroi, les injustices qu'il subit, sa réalité. Et l'atroce prise de conscience que par notre ignorance de ces guerres qui n'intéressent personnes, nous sommes nous aussi un peu responsables de la mort d'un enfant.