Nicole Aubert nous offre avec cet ouvrage un large et passionnant panorama de ce "concept impalpable et fuyant, pourtant consubstantiel au déroulement de notre existence". Elle montre les récentes évolutions de notre rapport au temps dans la sphère professionnelle et privée. Le sujet est fascinant et l'auteur le traite avec beaucoup d'exemples et de témoignages qui rendent son propos à la fois très accessible et très percutant, même s'il peut parfois paraître un peu redondant. Elle explique ainsi comment nous en sommes arrivés à un rapport au temps fait d'urgence et d'instantanéité ; et comment cette évolution peut être vécue soit comme un formidable stimulant, une jouissance ; soit comme un poids énorme facteur de souffrance et d'épuisement. Elle montre aussi très bien tous les pièges de ces nouveaux rythmes auxquels nous sommes soumis et les imbrications avec les autres grandes tendances sociologiques actuelles, l'hédonisme, l'individualisme, l'hyperconsommation, la versatilité. A noter une très riche bibliographie, et deux chapitres qui résume 2 autres ouvrages de référence : "La fatigue d'être soi" d'Alain Ehrenberg et "La religion en miettes ou la question des sectes" de Danielle Hervieu-Léger. Enfin, tout un chapitre sur la littérature et une analyse du rapport au temps chez Proust ou comment selon les époques, les perpectives passé - présent - futur changent considérablement. Cet essai peut être une excellente lecture complémentaire, avant ou après "Le bonheur paradoxal" (cf. ma criitique)