1976, un été de canicule. 1976, Ranucci décapité. 1976, un Président en exercice qui joue de son droit de grâce comme, avant, des empereurs romains, pouce en haut, pouce en bas, décidaient de la vie ou de la mort du Chrétien dans l'arène. Glissements progressifs du Pouvoir. Pour ceux et celles qui ont vécu les événements et se battent, depuis trente ans, pour la réhabilitation de Christian Ranucci; pour ceux et celles qui n'avaient pas l'âge mais s'interrogent quand même, voici une plaidoirie terrible, un instant de lecture qui pèse comme un siècle --ou un septennat. Voici Gilles Perrault, auteur d'une exceptionnelle contre-enquête sur l'homme au "pull-over rouge" redevenu avocat. Avocat de la Justice, pour toujours, brocardant enfin un Président dont "l'âme et conscience" tourne au gré du vent. Un volatile exécuteur de basses oeuvres, mais expédiées d'en haut. Et qui maintient ce cap impossible dans des "Mémoires" de plus de vingt ans après l'acte. Nous attendions ce texte. L'affaire Ranucci auscultée à l'aune d'une intime décision, aussi intime qu'un article de magazine "people". Giscard éteint. Ranucci vivant.