"Le Fils à Jo", titre anecdotique pour un film qui se révèle en réalité, en tout point excellent. Entre rires et larmes, le film nous emporte dans un tourbillon d'émotions qui ne se tariront pas jusqu'à la dernière minute. Entre Lanvin, toujours excellent dans le rôle du père, et Jérémie Duvall que l'on découvre dans celui du fils, l'alchimie fonctionne à merveille et ce ne sont pas les interventions d'Olivier Marchal et de Vincent Moscato qui parviendront à briser cette émulsion. Ces derniers campent d'ailleurs des personnages attachants. Moscato est ce doux dingue qui un jour a posé ses valises pour ne plus quitter ce petit village du Tarn. Un personnage autour duquel le scénario conservera une part de mystère jusqu'au bout. Olivier Marchal s'éloigne des rôles qui l'ont plongé dans des univers sordides pour auréoler de sa présence le personnage très attachant du "Chinois".
Mais de ce conte émouvant entre un homme qui élève seul son fils et son désir de le voir prendre la relève au rugby, ce que l'on retient avant tout, ce sont les instants d'intimité que lanvin et Duvall partagent au travers de regards attendrissants. Il y a aussi ces moments de folle poésie lorsque "Moscato-pompon" décide de prendre le train pour se retrouver un instant plus tard sur le quai de gare, incapable de quitter ce petit village et ses amis qui l'on recueilli il y a longtemps maintenant.
"Le Fils à Jo" est une vraie bonne surprise loin du comique troupier ou des fausses émotions entretenues par une bande-son aux violons larmoyant. Ici, elle nait des regards que s'échangent les acteurs.
Et pour ne rien gâcher, les décors, ceux d'un magnifique petit village de France, ajoutent au plaisir et au confort visuel de ce film tout à fait remarquable.
Une très bonne surprise pour ce début d'année 2011, qui révèle deux vrais talents, ceux de Jérémie Duvall et Vincent Moscato, et confirment si besoin était, ceux de Lanvin et Marchal.