Cet essai a été rejeté par la Société Royale Danoise des Sciences, parce qu'il constituait une offense sérieuse à plusieurs philosophes de grande renommé. En fait, l'essai contient une attaque frontale de Hegel et de l'impératif catégorique de Kant. Mais, Schopenhauer applaudit la théorie sur la liberté de ce dernier.
La théorie kantienne de la liberté et de la nécessité
Kant a trouvé la différence capitale entre les phénomènes (des êtres individuels) et `la chose en soi' (la vraie nature omniprésente, le caractère immuable et intelligible dans tous les actes individuels).
Les actes de la volonté sont une nécessité objective et absolue, déterminés par des motifs externes (la loi de la causalité). La liberté réside dans la `chose en soi'. En d'autres termes: operari sequitur esse (ce qui est fait est une conséquence de ce qui est).
La conscience d'un individu n'est autre chose que le contact qu'il obtient avec ce caractère immuable à travers ses actes. De la sorte, l'homme sait avec certitude qu'il est le véritable auteur de ses actes et qu'il en est moralement responsable.
La théorie kantienne de la morale
Pour Kant, la loi morale (l'impératif catégorique) est un a priori (indépendante de toute expérience). Elle est pure raison, un `Doit Faire' absolu.
Mais, comme Schopenhauer remarque à juste titre: l'éthique a trait à la conduite humaine réelle, qui n'est pas a priori. Pour Schopenhauer, la véritable conduite de l'homme est déterminée par l'égoïsme (le motif fondamental des actions de l'homme).
La Solution de Schopenhauer pour la morale
Inspiré par J. J. Rousseau, Schopenhauer considère la compassion comme la base de la morale. La compassion est la participation directe dans les souffrances d'un autre, conduisant à l'assister dans le but de prévenir ou de supprimer ces souffrances.
Le critère décisif dans la détermination de la valeur morale d'une action est l'absence de motifs égoïstes. La compassion a un aspect négatif (ne pas nuire à personne) et un aspect positif (aider toutes les personnes autant qu'il est en votre pouvoir).
La compassion est une partie de l'unité métaphysique de la vie, comme l'égoïsme et la méchanceté. Ces trois motifs constituent le noyau du caractère de la `chose en soi'.
Attaque de Hegel
Pour Schopenhauer, des philosophes allemands voudraient que l'Etat devienne l'institution par excellence pour la propagation de la morale, et pour l'éducation et l'instruction de la population. Mais, pou lui, une telle vision n'est autre chose que le rêve jésuitique de la suppression de la liberté personnelle et du développement individuel. C'est une véritable route directe vers l'Inquisition, des autodafés et des guerres de religion.
Cet essai a été fortement attaqué par l'ancien admirateur de Schopenhauer, F. Nietzsche (voir point 366 de `La volonté de Puissance').
Ce livre constitue une parfaite introduction aux aeuvres majeures de Schopenhauer.
Une lecture obligatoire pour tous ceux qui s'intéressent à la philosophie et aux affaires de ce monde.