Etrange qu'un roman destiné à être lu dès 12 ans (accompagné par un adulte, ne serait-ce que pour répondre à certaines questions) puisse me happer à ce point. Le vocabulaire est simple, d'ailleurs je le recommande en VO à tous ceux qui ont envie de lire en anglais sans avoir un niveau élevé et pourtant, je n'ai jamais eu l'impression de lire un livre pour ados. Tout le charme de ce roman tient dans la naïveté de Bruno, dans ce qu'il ne comprend pas mais que le lecteur comprend. Cette maison qu'il appelle "Out with" (superbe jeu de mots, les traducteurs ont dû s'arracher les cheveux et d'ailleurs la traduction française ne rend pas du tout la même idée) parce qu'il ne comprend pas le mot Auschwitz, son insouciance du début dans ses conversations avec Shmuel, l'enfant du camp qui va devenir son ami, qui s'estompe peu à peu m'ont, et là je suis bien embêtée pour trouver l'adjectif adéquat. Enchantée? Comment l'être avec un tel sujet? Bref, j'ai adoré ce roman, adoré cette fin qui m'a pourtant serré l'estomac parce que le chapitre 19 apporte une tension difficile à supporter, de celle où ne peut s'empêcher de parler intérieurement au personnage pour lui dire; "Stop!"; j'ai aimé aussi cette façon de ne pas décrire la violence pour la rendre plus forte.