Un très grand moment de Métal Hurlant, un grand moment de la bande dessinée des années 70, un chef d'oeuvre de SF inventive, déconnante, improvisée, évolutive, graphique.
Ce "major Fatal" ou "garage hermétique de Jerry Cornélius" s'est construit au fil des numéros de Métal Hurlant" sans que son auteur et son scénariste (JP Dionnet rédacteur en chef de Métal), aient la moindre idée de la direction du scénario, et c'est passionnant.
Doublement passionnant :
Lecture passionnante avec une histoire évidemment incompréhensible (hermétique donc) puisqu'on se situe dans d'autres mondes dont les logiques par principe nous échappent (c'est bien la moindre des choses en SF) : pourtant chaque double page nous propose des rebondissements pour le moins imprévus ponctués par des résumés souvent cocasses, du style "tout peut arriver" - "peu de gag, le mystère ira en s'épaississant" - "vous n'avez encore rien vu" ou "pas de résumé aujourd'hui" ou même "résumé"
Création passionnante avec un graphisme évolutif (pas si hermétique : "le major Grubert est prêt à passer le deuxième niveau") du même dessinateur sur trois pattes, tantôt Giraud, tantôt Gir, tantôt Moebius, tantôt le futur inventeur de l'Incal que l'on voit poindre dans les pages les plus épurées.