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Le goût et le pouvoir [Broché]

Jonathan Nossiter
3.3 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (9 commentaires client)
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Descriptions du produit

Extrait

Extrait de l'introduction :

Le terroir : une destination autant qu'une origine

La question, pour moi, n'a rien à voir avec la mondialisation. Je suis un enfant du monde. J'avais deux ans quand mon père nous a fait déménager de Washington à Paris ; j'ai grandi au confluent de plusieurs cultures : la France, l'Italie, l'Inde, l'Angleterre, les États-Unis. Alors : à laquelle suis-je censé appartenir ?
Un cinéaste allemand m'a raconté qu'un jour, se promenant à vélo dans les vignobles du Rheingau, il tomba sur Stuart Piggot, l'un des plus fins dégustateurs des vins germaniques. «Où est votre heimat ?» demanda-t-il à cet Anglais aujourd'hui installé à Berlin. Piggot réfléchit un instant, pesant tout le sens de ce terme qui n'existe dans aucune autre langue et signifie tout aussi bien «racines», «origine», «foyer» ou «patrie». «Mon heimat ? décida-t-il. Les rieslings allemands.»
Je ne saurais imaginer réponse plus juste. Bien entendu, mon heimat à moi ne serait pas fait que des rieslings élégantissimes du Rheingau, de la Moselle ou de la Franconie, mais aussi des vouvrays de la Loire, ou encore des volnays de la Bourgogne. Mon heimat ne connaît pas de frontières. Il faudrait du reste y ajouter bien d'autres vins encore - par exemple l'Aglianico del Vulture, de la région du Basilicate, dans le sud de l'Italie, que j'ai dégusté récemment à Rio de Janeiro, où je vis aujourd'hui. Et si ce vulture, un millésime 1998 du producteur Paternoster, fait désormais partie de mon heimat, c'est aussi que je l'ai dégusté en compagnie de Karim Aïnouz et Walter Salles, mes voisins, amis et frères d'armes en cinéma.
En quoi cela est-il constitutif de mon heimat ? C'est que la force d'un vin (comme de toute expression culturelle, d'ailleurs, ou même simplement affective) dépend aussi du contexte dans lequel on en fait l'expérience. En expliquant à mes compagnons les origines de cette bouteille, il me revint soudain que ce breuvage farouchement sec, rustique et doux-amer provenait de la région rocailleuse où Pier Paolo Pasolini tourna son Evangile selon saint Matthieu. Or, ce film nous unit, Walter, Karim et moi, au sein d'un même héritage. Mieux encore : chacun de nous trois pourrait dire que Pasolini - et L'Évangile en particulier - est notre heimat commun. Et rien n'explique mieux que trois réalisateurs si différents puissent, un soir, se retrouver joyeusement attablés autour d'une bouteille de vulture.
Il est étrange que nous soyons unis par ce film-là - étrange que nous soyons unis, tout court. En racontant l'histoire de Jésus, Pasolini voulait, sans concessions, réconcilier sa propre ferveur catholique avec une homosexualité exaltée et un marxisme gramscien. Je me demande ce qu'il aurait éprouvé, s'il avait su que son Evangile (auquel le Vatican, pour ainsi dire par miracle, accorda son approbation en 1963) inspirerait trois disciples aussi différents... Qu'aurait-il pensé de Karim, originaire pour moitié d'Algérie et pour moitié des confins misé­reux du nord-est du Brésil, et de son film Madame Sata (portrait à la fois tendre et radical d'un boxeur travesti de Rio) ? Qu'aurait-il pensé du débonnaire Walter, fils de diplomate brésilien ayant grandi en France et commencé sa carrière avec Terra Estrangeira (récit délicat des errances de jeunes Brésiliens au Portugal) ? Et qu'aurait-il pensé de moi, juif américain laïque et déraciné, auteur de Mondovino (comédie noire sur le monde du vin, tournée sur trois continents) ? Peu importe.
Nous pourrions certes, tous les trois, revendiquer Pasolini comme notre heimat, et pourtant il n'est responsable en rien de cette revendication. Or, c'est précisément cette notion qui pour moi est fondamentale : être libre de revendiquer un heimat sans en devenir pour autant tributaire - sans se sentir, comme c'est le cas dans l'acception patriote du terme, son obligé. C'est cette définition-là du heimat qui m'a ouvert la voie de mes plus grands plaisirs, au cinéma comme dans le monde du vin ; c'est elle encore, dans la mesure où elle se distingue de tout sentiment d'«appartenance» ou de «natio­nalisme», qui m'a éveillé à la compréhension de ce qu'est le terroir, cette forme typiquement française du heimat au sein de laquelle j'ai grandi. Où que je vive, c'est le terroir qui depuis toujours guide mon sens du goût. Et c'est lui qui me pousse aujourd'hui à écrire ce livre.

Revue de presse

Comme il aimait le vin et le cinéma, Jonathan Nossiter est devenu d'abord sommelier, puis cinéaste. De ses films, primés à Sundance et à Deauville, on connaît surtout «Mondovino», plaidoyer chaleureux et polémique en faveur du vin vrai...
Donc c'est amusant, mais aussi émouvant par moments, régalant quand il nous entraîne dans les plus secrètes caves bourguignonnes déguster des millésimes impossibles...
Le danger qui menace le terroir, et donc la liberté, aujourd'hui, serait d'assister à la victoire d'un goût «homogénéisé», universel. Un goût sucré, vanillé, simple, qui l'emporterait sur celui de la complexité qui englobe l'amertume et l'acidité. En clair, de ne disposer dans quelques années que de chablis édulcorés dont l'acidité aura été corrigée grâce à un apport de sucre, ou de bordeaux parfumés comme des sodas ou des bonbons roses...
«Mondovino», plébiscité par le public des non-initiés, fut vigoureusement critiqué au nom du modernisme par une partie du microcosme du vin. Surtout par ceux dont il moquait les dérives. Le livre, à n'en pas douter, connaîtra le même sort. Renan, le nouveau copain de Nossiter, sans doute pour le rassurer, lui a laissé ce message : «Le moyen d'avoir raison dans l'avenir est, à certaines heures, de savoir se résigner à être démodé.» (Jacques Dupont - Le Point du 25 octobre 2007 )

Trois ans après le succès de «Mondovino», où l'intrépide Robin des vignes stigmatisait l'uniformisation du goût imposée par les «multinationales» et les gourous du vin, le voilà qui récidive. Sur papier cette fois-ci...
Mais gare aux marchands du temple et à ces fonctionnaires du goût qui n'ont de cesse de fabriquer des vins formatés pour coller au marché, en forçant sur la concentration, le sucre et le bois. Ceux-là n'ont droit qu'au mépris réservé aux fausses idoles du paradis néolibéral qui cherche à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Chez Nossiter, l'amour du vin passe par ce double dialogue entre nature et culture. C'est la raison pour laquelle il lui sera beaucoup pardonné. (Gérard Muteaud - Le Nouvel Observateur du 1er novembre 2007 )

C'est un livre qui ne va pas plaire à tout le monde. Sous la forme d'une promenade, avec apartés, flash-back et discussions entre amis, Jonathan Nossiter, "juif américain laïque et déraciné, auteur de Mondovino, comédie noire sur le monde du vin, tournée sur trois continents", lâche quelques grenades dans des lieux respectés et use de sa liberté de parole avec quelques compagnons "viticolement" incorrects. Le critique Robert Parker y est épinglé comme "amateur de la facilité", les tables de Joël Robuchon, Yves Camdeborde et Alain Senderens y sont égratignées sans indulgence, Lipp traité de brasserie "scandaleusement cynique". Le Goût et le Pouvoir s'en prend aux guides de vin et à cette culture "qui nous pousse à soumettre nos goûts personnels à la loi des experts. Confieriez-vous le choix de vos expériences sexuelles à un expert, à un guide ?" Il s'agit donc d'un antiguide du vin, d'un "appel à l'insurrection", d'un encouragement à cultiver la liberté du goût. (Jean-Luc Douin - Le Monde du 2 novembre 2007 )

On connaissait l'auteur de films qui, après trois longs métrages de fiction (1), s'est lancé dans un tour du monde des vignobles, pour un drolatique et terrible réquisitoire contre la normalisation planétaire du goût (Mondovino). On découvre aujourd'hui un auteur tout court. Car Le Goût et le Pouvoir, balade gourmande, et parfois féroce, en compagnie d'amis - et d'ennemis... - dans les caves et restos de Paris et les vignobles de Bourgogne, écrite dans ce que Nossiter appelle avec ironie son «français vernaculaire», est d'abord un voyage au pays du langage. Comment parler du goût ? Qui a le droit de donner son avis ? Le goût est-il toujours l'expression du pouvoir ?...
«Sans le terroir, nous perdrons tous notre liberté», poursuit Nossiter...
Si le domaine est repris par quelqu'un qui ne partage pas les mêmes valeurs, son oeuvre est réduite à néant. C'est cette fragilité-là, la fragilité de la vie, dans sa diversité et sa complexité, que Jonathan Nossiter nous invite à apprécier. Sans modération. (Vincent Remy - Télérama du 14 novembre 2007 )

Biographie de l'auteur

Né à Washington en 1961, Jonathan Nossiter a grandi en Europe et en Asie. Parmi ses quatre longs-métrages, Sunday, qui a remporté le Grand Prix des festivals de Sundance et de Deauville en 1997, et Signs and Wonders, avec Charlotte Rampling (présenté au festival de Berlin en 2000). En 2004, il signe Mondovino (troisième documentaire jamais présenté en compétition à Cannes). Ancien sommelier à New York, il vit aujourd'hui avec sa femme et leurs trois enfants à Rio, où il termine son prochain film, Rio Sex Comedy, avec Charlotte Rampling, Irène Jacob et Bill Pulman. --Ce texte fait référence à l'édition Poche .
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