Cet ouvrage est référencé avec une grande précision. Le texte du Codex Calixtinus est replacé dans son contexte historique, ce qui permet de comprendre à la fois les limites de sa diffusion (n'allons pas croire que les pèlerins du Moyen-âge le transportaient avec eux : il leur était vraisemblablement lu par des clercs au cours de leur voyage) et les partis pris idéologiques (politiques et religieux) qui sous-tendent son écriture (promotion de certains lieux de culte, dénigrement - assez comique - de certaines populations etc.).
Quelques anecdotes amusantes sur la vie des pèlerins au Moyen-âge, sur les légendes liées au pèlerinage, sur la vie des saints et sur le culte des reliques. Assez peu d'éléments sur les chemins du Puy, de Vézelay ou d'Arles : l'auteur n'a vraisemblablement parcouru que le chemin de Tours, et n'entre que peu dans les détails (les descriptions architecturales sont sans intérêt pour qui n'est pas historien). L'ouvrage est assez bref et laisse sous silence de nombreux éléments, mais il reste facile à lire dans l'ensemble et intéressant pour quiconque serait curieux de savoir comment le pèlerinage de Compostelle était pensé et vécu à l'origine.
On en saura davantage dans l'ouvrage de nos contemporains Pierre Barret et Jean-Noël Gurgand, "Priez pour nous à Compostelle" (Hachette Littératures).
J'attribue quatre étoiles à cet ouvrage, car le travail de ses éditeurs est admirable.