Dans ce dernier volume de ses carnets, Calaferte jette une dernière fois un regard désabusé sur ce monde chancelant. Nous sommes en 1994, l'année de sa mort. A l'écart du milieu littéraire parisien et des modes qu'il rejette, il achève une œuvre exigeante, marquée par une vision très critique de la société, une sensibilité exacerbée, la passion de la littérature et de la vie qu'il ne sépare pas. "Septentrion" lui a acquis une certaine notoriété, mais ces "cahiers", beaucoup moins connus, d'une rare intelligence, parfois bouleversants, méritent amplement d'être connus, en particulier les derniers, où il mène un dur combat contre la maladie, qui peu à peu gagne du terrain... Il nous fait partager ses lectures, ses enthousiasmes ( Valéry, Gide, Bergson, Tolstoï...), ses répugnances ( Claudel ), ses réactions aux évènements du monde qui l'entoure...Le 2 mai 1994, le "jardin" se clôt en silence sur l'un des trésors de la littérature de la seconde moitié du vingtième siècle.