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Le jeu des ombres Broché – 29 août 2012


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Extrait

2 novembre 2007

CARNET BLEU

Maintenant, j'ai deux agendas. Le numéro un, c'est le Mémento Journalier à couverture rouge et cartonnée, semblable à ceux dans lesquels j'écris depuis 1994, quand nous avons eu Florian. Tu m'as offert le premier pour que j'y consigne ma première année dans mon rôle de mère. C'était vraiment adorable de ta part. J'écris dans ce genre de carnets depuis ce temps-là. Ils sont tous cachés au fond d'un tiroir, dans mon bureau, sous un tas de bolducs et de papier cadeau. Le dernier en date, celui qui t'intéresse à présent, je le garde tout au fond d'un classeur métallique plein de vieux relevés bancaires, de chéquiers d'anciens comptes oubliés, le genre de choses que nous nous jurons chaque année de passer à la déchiqueteuse, mais que nous finissons par fourrer dans des dossiers. Après avoir pas mal cherché, je suppose, tu as trouvé mon agenda rouge. Tu t'es mis à le lire pour découvrir si je te trompais.
Le second, que l'on pourrait appeler mon véritable agenda, c'est celui dans lequel je suis en train d'écrire. Aujourd'hui, j'ai pris la voiture pour me rendre à l'agence bancaire de la Wells Fargo, installée dans les beaux quartiers de Minneapolis, sous le Sons of Norway Hall, le centre culturel norvégien. Je me suis garée sur le parking clients, je suis entrée, j'ai franchi deux doubles portes vitrées et descendu un escalier en colimaçon. J'ai tapé sur une clochette de comptoir et une certaine Janice est apparue. Elle m'a aidée à acquérir un coffre de taille moyenne. J'ai payé en liquide pour une année de location et apposé ma signature, trois fois pour vérification, sur la fiche. J'ai pris la clé que Janice m'a tendue. Elle s'est munie de celle qui fait la paire avec la mienne et m'a menée dans la salle des coffres. Une fois le mien extrait de son emplacement dans le mur, elle m'a ouvert un des trois petits cabinets privés, chacun ne contenant rien de plus qu'une étagère fixée à hauteur de bureau et une chaise. J'ai fermé la porte de ma salle privée et sorti ce carnet bleu du grand sac en cuir noir que tu m'as offert pour Noël. Dix ou quinze minutes se sont écoulées avant que je parvienne à commencer. J'avais le coeur qui battait tellement fort. J'étais incapable de dire si ce que je ressentais était de la panique, du chagrin, ou, allez savoir, de la joie.

Dès que le vrombissement de la voiture d'Irène fut englouti par le vacarme continu et assourdi de la ville, Gil se redressa. La serviette dont il se servait pour se protéger les yeux glissa. Il s'allongeait souvent sur le divan de son atelier quand il avait besoin de se reposer les yeux, et il lui arrivait de s'assoupir. Il pouvait dormir là une heure durant, mais le plus souvent il se réveillait en sursaut au bout d'une quinzaine de minutes, revigoré et très étonné, comme si on l'avait plongé dans la fraîcheur d'un ruisseau souterrain. Il s'assit en tâtonnant à la recherche de ses lunettes, qu'il posait parfois en équilibre sur sa poitrine. Les ovales métalliques avaient en effet fini par terre. Il les récupéra, les accrocha derrière ses oreilles. Ses cheveux drus étaient implantés bas sur son front et il les rabattit en arrière, lissa et rattacha sa courte queue de cheval grise. Il s'avança vers le tableau de sa femme et l'observa. Il avait des yeux rapprochés, froids, curieux et sombres. Il pressa la jointure d'un de ses doigts contre son menton. Ses joues maigres étaient mouchetées de peinture jaune.
(...)

Revue de presse

Sélectionné par le Point : Palmarès des 25 livres de l'année. --Le Point


Détails sur le produit

  • Broché: 200 pages
  • Editeur : ALBIN MICHEL (29 août 2012)
  • Collection : Terres d'Amérique
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2226243070
  • ISBN-13: 978-2226243072
  • Dimensions du produit: 20,6 x 2,4 x 14,5 cm
  • Moyenne des commentaires client : 3.8 étoiles sur 5  Voir tous les commentaires (8 commentaires client)
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3 internautes sur 3 ont trouvé ce commentaire utile  Par Feron Béatrice TOP 500 COMMENTATEURS sur 29 mai 2014
Format: Broché
Quand Irene découvre que son mari lit son journal intime, elle décide d'en tenir deux. L'agenda rouge qu'il a découvert, lui servira à le manipuler. Le carnet bleu, elle l'enferme dans un coffre à la banque.
Un terrible jeu du chat et de la souris commence entre ces deux amants-ennemis, dont personne ne peut sortir indemne.
Louise Erdrich, je l'ai découverte avec « La chorale des maîtres bouchers » que j'avais beaucoup aimé. Puis, j'ai lu « Ce qui a dévoré nos cœurs » qui m'avait passablement ennuyée.
J'étais donc curieuse de découvrir un autre roman de cette auteur.
Le résumé de ce « Jeu des ombres » m'attirait : j'ai toujours été outrée par les gens qui se permettent de lire journaux intimes et correspondance personnelle en faisant fi de la vie privée de leurs propriétaires (ce que faisait ma mère).
Ce roman compte cinq parties plus une, qui nous en livre la clé.
La première couvre près de la moitié de l'ouvrage, la deuxième est assez longue, les autres n'occupent plus que quelques pages.
La narration est en général prise en charge par un narrateur extérieur, mais certaines pages sont celle écrites par Irene, soit dans l'agenda rouge où, feignant de rédiger pour elle-même, elle s'adresse en fait à Gil, puisqu'elle sait qu'il la lit, soit dans le carnet bleu, où l'on peut supposer qu'elle est sincère, puisque celui-ci est protégé de tout regard indiscret.
Les dialogues sont très confus.
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9 internautes sur 10 ont trouvé ce commentaire utile  Par Cetalir TOP 50 COMMENTATEURS sur 17 janvier 2013
Format: Broché
L a vie en couple peut se révéler un véritable enfer, un processus quasi inéluctable d'autodestruction. C'est ce que nous dit implacablement Louise Erdrich dans son dernier roman, celui qui est aussi le plus autobiographique. Car, comme ses personnages, Louise Erdrich vécut une longue relation passionnée et destructrice avec un peintre dont elle est désormais séparée. Louise Erdrich n'a par ailleurs jamais fait mystère de ses origines indiennes auxquelles elle porte la plus haute importance et qui tiennent une part essentielle dans son aeuvre. Comme elle, ses personnages partagent ces racines et ces traditions au point d'en avoir fait un élément constitutif du couple qu'elle nous dépeint et de structurer profondément la façon de voir le monde, de se positionner face à lui et de penser la cellule familiale. Une grande part de ce qui se déroule sous nos yeux est influencée par une sorte de besoin presque inconscient d'utiliser son identité spécifique pour se faire accepter, voire s'imposer aux autres, comme une revanche à distance à prendre sur l'Histoire américaine. On aurait tort de négliger cet aspect des choses sous peine de ne pas décoder complètement cette spirale néfaste qui se met en branle dans toute la cellule familiale, enfants et parents compris.

Voici des années que ce couple se côtoie. Ils se sont connus étudiants, se sont mariés et ont désormais trois enfants aussi géniaux et intrigants qu'eux. Lui est un peintre qui compte parmi les figures contemporaines américaines.
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6 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile  Par cathulu TOP 500 COMMENTATEURS sur 29 octobre 2012
Format: Broché Achat vérifié
Un couple, lui ,peintre, elle, son unique modèle, se délite .Le tout sous les yeux de leurs trois enfants. Écrit ainsi, cela paraît trivial, voire pire. Sous la plume de Louise Erdrich cela devient un récit fascinant tant par la composition que par l'écriture, acérée et poétique à la fois. En effet, de prime abord Gil, Irene et leurs trois enfants constituent une famille modèle. Mais petit à petit, de petits indices, vus en particulier à travers des yeux enfantins, font prendre conscience de l'ampleur des dégâts et de la catastrophe imminente qui se profile.
Tout est ambivalent dans ce récit, y compris le faux journal que Irene écrit à l'intention de son mari quand elle découvre que celui-ci a lu le vrai. Au lecteur de confronter les deux versions , y ajoutant le point de vue de Gil et celui du narrateur omniscient. Manipulations de part et d'autre, mais aussi complicité qui renaît contre la psychothérapeute que le couple va consulter, tout peut basculer dans la violence ou l'amour et tout peut être utilisé comme une arme: la peinture ou les mots.
J'ai adoré chaque élément de ce ce roman de Louise Erdrich, le premier que je lis de cette auteure. L'attention portée aux détails qui pourraient paraître insignifiants mais sont tellement révélateurs. Ainsi l'attitude des chiens qui captent la tension de la famille et s'interposent pour mieux la gérer. Le fait que le lecteur voie sans cesse remise en question sa vision des principaux protagonistes, y compris dans la dernière partie, magistral retournement de situation.
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