Kierkegaard, philosophe danois du XIXème siècle : c'est bien un roman que ce livre, et pas n'importe lequel, un roman d'une grande modernité ; immoral au possible, cinglant, provocant, terriblement anthipathique. On en vient vite à détester la séduction. Ou le séducteur. Il se fait machiavélique, stratège au mauvais sens du terme, calculateur sec et sans scrupule. Une froideur qui a à voir avec le meurtrier de l'Etranger. Et ici le séducteur assassine. Il convoite, il tourne retourne autour d'elle, il la surprend, il la fixe, arrive à l'improviste puis...
puis c'est la fin, il faut sans pitié mettre à mort. Que dit ce roman?
Il cherche au travers d'un labyrinthique système psychologique à mettre en lumière les ressources de la conscience, et la capacité pour un homme d'utiliser ces ressources pour une mauvaise cause, à savoir la sienne propre. Egoïsme du séducteur, précarité de la condition féminine, femme victime, femme proie. C'est l'éducation des femmes au XIXème siècle (dont profite le séducteur) qui laisse celles-ci dans cette position, trop naïves, trop innocentes, leur beauté est dévorée par de coupables prédateurs.