On attend toujours les objections qui porteraient sur le FOND de l'ouvrage, et non sur les intentions supposées des auteurs (ou bien veut-on discuter des intentions qui animent la levée de bouclier des psychanalystes? Le portefeuille des psychanalystes est-il une fiction?).
Sur le fond, donc, il n'y a rien à redire de la rigueur, de la clarté, de l'immensité des sources utilisées : correspondances privées mais aussi, tout simplement... publications de Dieu (pardon, de Freud), de ses disciples, de ses successeurs. Et pourtant, malgré les avancées fabuleuses des dernières décennies dans ce domaine, la France continue, du haut de ses petits clochers ridicules, de prétendre que les personnes qui critiquent la psychanalyse auraient "peur" de penser (hum, qui a réellement peur dans cette affaire??), qu'ils seraient opposés à la liberté (mais qui défend un dogme aliénant dans notre affaire?), etc.
Il est temps que le clergé psychanalytique soit définitivement écarté des sphères du pouvoir dans les instances éducatives, sociales et médicales, comme le clergé catholique le fut autrefois.
Nous avons pris 30 ans de retard sur le reste du monde dans bien des affections (à commencer par le traitement de l'autisme), uniquement à cause de ce clergé avide de conserver son statut et son aura, pourtant usurpés sur le dos de la crédulité populaire.
ADDENDUM SUR LA REEDITION :
LA réédition parue en 2011 comporte des coupes claires assez énormes par rapport à la première édition :
- Certains articles (comme ceux de Beck par exemple) sont désormais dans l'ouvrage "les nouveaux psys", qui est le prolongement dynamique du Livre Noir et propose de montrer l'univers gigantesque de la psychologie a-freudienne. (ouvrage qui, par contraste, met au jour le caractère étriqué et limité de la psychanalyse, un peu comme un livre d'astronomie en balance avec un manuel d'astrologie...)
- Certains articles ne figurent ni dans le Livre Noir, ni dans les Nouveaux Psys, à grand regret. Il s'agit notamment des témoignages de patients, qui illustrent de manière concrète et souvent remarquablement écrite les effets concrets de la psychanalyse sur ses "sujets". C'est vraiment dommage d'avoir éliminé, notamment, les témoignages d'Agnès Fonbonne et d'Anne Gruyer, particulièrement éloquents.
ADDENDUM GENERAL 2011 :
Après lecture des commentaires critiques de l'ouvrage, épatée par leur mauvaise foi, je reproduit l'une de mes réponses ci-dessous :
Quand ces critiques affirment : "De même, dire que la psychanalyse n'a pas évolué est d'une stupidité sans nom : faut-il nié les Mélaine Klein, les Jacques Lacan ? allons soyons sérieux. " Elles appoortent la preuve qu'elles n'ont pas lu l'ouvrage. Cet argument est traité et archi-traité dans le livre noir de la psychanalyse. Le fait que plusieurs doctrines se cotoient n'implique en rien qu'il y ait " évolution" au sens scientifique du terme; il existe plusieurs sectes dans le christianisme, plusieurs courants dans le communisme, cela n'implique pas un progrès.
Quant à la pirtouette sur la médecine-qui-ne-serait-pas-une-science, attention, la médecine moderne repose sur le dernier état des connaissances scientifiques, et l'obligation déontologique des médecins et faire bénéficier leurs patients de ce dernier état des connaissances scientifiques.
Or le fait est que les recherches en matière psychologique, surtout depuis les années 70, invalident une à une les postulats de base de la psychanalyse, freudienne ou non freudienne.
De la notion d'inconscient psychanalytique - qu n'a rien à voir avec l'inconscient tel qu'il est entendu en psycho moderne; à l'idée tout à fait absurde que la totalité des affections psychos trouveraient leur source dans l'environnement, et, plus faux encore, dans l'éducation parentale avant 6 ans voire deux ou trois ans selon les courants de la spyK, en passant par la notion même de "refoulement" totalement battue en brèche par toutes les études sérieuses, etc.
quand nous employons le terme "études sérieuses," nous entendons, des études publiées dans des revues scientifiques après relecture par des comités de lecture et sujettes à contrôle - des panels, des protocoles d'études, des données brutes utilisées pour l'étude, etc.
Par comparaison la littérature psychanalytique, ne fait jamais état d'études empiriques et/ou expérimentales avec publication ou possibilité d'accès aux protocoles et aux données, mais renvoie le plus fréquemment au récit du patient X et de la patiente W (sans possibilité de vérificaiton par le lecteur, secret du divan oblige).
Il n'est pas possible, dans ces conditions, d'administrer des leçons de "sérieux" et de "pensée", lorsque l'idée même de validation empirique et/ou expérimentale est refusée avec une telle violence.
Vouloir justifier ce refus obstiné par un jargon sermonnant est encore plus ahurissant.
De quel droit les tenants d'une doctrine qui n'a jamais rien expliqué de la psychée humaine (tous les énoncés réfutables de la psychanalyse ont été réfutés ou sont en passe de l'être), et qui n'a jamais résolu la moindre affection psychologique ni le moindre trouble psychatrique, administrent-ils des leçons de morale?
Mystère.
toujours est-il que le niveau de légitimité pour faire la leçon à autrui est égal à zéro pour ce qui concerne les psychanalystes et leurs partisans.
Et ce sont pourtant les plus moralistes, les plus pontifiants, les plus jargonants de tous.
Je pense qu'ils ont un réel problème d'égo et de narcissisme mal digéré, qui leur fait perdre de vue que, derrière le débat sur la psychanalyse, ce n'est pas seulement le concours de celui qui aura le dernier mot qui se joue, mais, tout simplement, le sort de centaines milliers d'individus comme les autistes, les schizophrènes, les toxicomanes, etc. Ces gens-là ont suffisamment souffert de la prise en charge exclusivement psychanalytique.
Derrière ce débat, point de discussions de salons parisiens, mais une question de santé publique absolument cruciale qui indiffère totalement les défenseurs acharnés de la psychanalyse.
Comment faire la leçon, comment se prétendre humaniste de façon crédible lorsqu'on manifeste une telle indifférence voire un tel mépris face à ces scandales de santé publique et leurs cortèges de victimes si mal prises en charge par la nomenklatura psychiatrique française.
Allez en Hollande ou au Canada pour faire le parallèle (plus de TCC, moins d'antidépresseurs, moins de suicides... autistes diagnostiqués à temps, envoyés vers des structures proposant des méthodes efficaces, etc.). Ce n'est pas un hasard si, dans les facs outre-atlantique, la psychanalyse n'est plus enseignée en psycho mais en... littérature.