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7 internautes sur 7 ont trouvé ce commentaire utile
5.0 étoiles sur 5
Une oeuvre majeure de Topor,
Par
Ce commentaire fait référence à cette édition : Le locataire chimérique (Poche)
Pour beaucoup de gens, Roland Topor, c'est d'abord ce rire tonitruant qui éclatait de temps à autre à la télé, où il se montrait volontiers, un énorme cigare aux lèvres.Roland Topor, c'est aussi un dessinateur de génie, au trait immédiatement identifiable, capable d'illustrer aussi bien le "Pinocchio" de Collodi que les contes de son ami Jacques Sternberg (dont il partage une certaine vision noire de la vie). C'est Topor, encore, qui signa, en 1973, les dessins du film d'animation culte "La Planète sauvage", de René Laloux. C'est Topor, toujours, qui créa "Téléchat" avec Henri Xhonneux... Mais Topor, c'est aussi (et peut-être surtout) un grand écrivain, un auteur à part, singulier, prolifique, qui trempe sa plume dans l'ironie, le cynisme, l'humour noir... S'il excelle dans la nouvelle (genre hélas trop sous-estimé en France), il s'illustre également dans le théâtre ("L'Hiver sous la table") et dans le roman : "Le Locataire chimérique" en est un exemple éclatant. C'est ce roman que Roman Polanski a adapté au cinéma, sous le titre "Le Locataire", livrant l'un de ses films les plus angoissants (et, pour beaucoup, son vrai chef-d'oeuvre). Mais combien de gens savent que c'est Roland Topor qui est à l'origine de ce grand film de Polanski ? La lecture de ce roman (peut-être le chef-d'oeuvre de Topor) est un vrai régal : l'écriture est fluide, le style très simple, direct, du genre qui va droit au but sans fioriture inutile. Et le fait est que ça fait mouche ! En toute smplicité, presque innocemment, avec un air de ne pas y toucher, Roland Topor entraîne le lecteur dans une spirale infernale, qui distille une angoisse toujours grandissante, d'autant plus effrayante qu'elle surgit du quotidien le plus banal : Trelkowski est un jeune homme sans histoire qui emménage dans un petit appartement parisien tout ce qu'il y a de plus respectable... Sauf que l'occupante précédente, Simone Choule, s'est jetée par la fenêtre. Peu à peu, Trelkowski a l'impression que le monde qui l'entoure lui veut du mal, cherche à le pousser vers quelque chose de maléfique... Mais n'est-ce vraiment qu'une impression ? Tous ceux qui connaissent le film de Polanski savent de quoi il retourne. Mais il est important de préciser que la lecture du roman de Topor procure un plaisir bien particulier, qui n'est en rien altéré par le fait de connaître déjà le film. Le ton du roman diffère de celui du film, en ce qu'il propose une atmosphère sans doute moins directement mortifère que celle du film de Polanski. Et c'est d'ailleurs ce qui confère au roman de Topor un sentiment d'angoisse peut-être encore plus étouffant que celui du film (pourtant déjà bien chargé, côté angoisse !). C'est cette discrétion avec laquelle Topor nous enferme dans le délire de Trelkowski qui rend le livre si fort. Le style simple et direct de Topor sert à merveille ce conte angoissant. On tient, avec "Le Locataire chimérique" (dont la noirceur est restée intacte, près de 50 ans après sa sortie) une grande réussite dans le domaine du fantastique quotidien, quasiment digne d'un Dino Buzzati. Il est grand temps de rendre à Topor, artiste protéiforme de génie, la place qui lui revient de droit dans la littérature : et c'est une place de premier choix. Aidez d'autres clients à trouver les commentaires les plus utiles
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