Noburo, un garçon de 13 ans, surprend -et s'en délecte (toute l'excitation malsaine du voyeurisme)- les ébats amoureux de sa mère avec un jeune marin, dont il fait son héros -car un marin est pour lui automatiquement un vrai mâle-, il s'en vante à sa bande de copains qui se la joue macho, viril et dur, mais lorsqu'ils se rendent compte que ce marin n'est pas du tout celui qu'ils imaginaient, plus tendre que dur, plus médiocre à leurs jeunes yeux -car honnête, gentillet !!!, doux et respectueux des autres- qu'exceptionnel, ils décident de le sacrifier comme un vulgaire animal domestique... une écriture lapidaire, sobre et tranchante qui donne toute sa dimension à ce récit cruel et des plus actuel ; les gosses n'ont parfois que l'apparence de l'angélisme. Un des meilleurs romans (à mon humble avis) de Mishima -avec
Le Pavillon d'or- dans ses récits courts. A savourer. Bonne lecture.