Je suis très curieux de connaitre le profil de Maillet. Son bouquin a en tout cas tout du livre de publicitaire : sans vision d'ensemble, sans grande culture, mal écrit. L'ouvrage est une suite d'anecdotes très connues dans le milieu du marketing (universitaire comme professionnel), on n'apprend quasiment rien, à moins d'être un étudiant en licence découvrant le domaine. Et encore, à ceux là, je leur conseille les ouvrages de Lipovetsky, grâce auxquels ils apprendront plus en dix pages que sur l'intégralité du bouquin de Maillet.
Le pire, et là je parle en tant qu'universitaire, c'est voir l'auteur commettre des abus monumentaux dans ses analyses par les citations d'auteurs classiques qu'il réalise en vrac pour étayer ses thèses (Bourdieu, Levi-Strauss). On se rend compte assez facilement que Maillet ne maitrise pas ces auteurs, et qu'il les convoque pour défendre ses thèses en réalisant des contresens et des raccourcis monstrueux. C'est de la culture que-sais-je, sauf que les ouvrages de cette collection sont écrits généralement par des experts sachant vulgariser. Ici, Maillet n'a pas les connaissances de base, il a même mal intégré certaines notions élémentaires, et propage dans son livre des idées complètement galvaudées, ce qui me semble très grave.
Très partialement, alors qu'il cite élogieusement par ailleurs des auteurs très critiques vis à vis de la société de consommation comme Baudrillard ou Lipovetsky, il disqualifie d'un revers de main toute une histoire critique passée, notamment la pensée sociologique de l'école de Francfort, car elle ne va pas dans le sens d'une vision positive ou semi-positive du marketing. Hors, ces penseurs marxistes, bien que parfois trop dogmatiques et répétitifs, ont énormément à nous apprendre sur le sujet.