Quatrième de couverture
En publiant le Sidereus nuncius, Galilée, professeur à l'Université de Padoue alors inconnu hors de son milieu professionnel, devint le philosophe le plus célèbre d'Europe et s'engagea dans une lutte orageuse pour la reconnaissance de la vérité du système copernicien. Ce petit livre décrivait les découvertes faites dans le ciel avec la lunette astronomique récemment inventée, durant l'hiver 1609-1610 : les montagnes lunaires, la nature de la Voie Lactée et des nébuleuses, les satellites de Jupiter. Pour la première fois dans l'histoire de l'astronomie, Galilée avait vu, grâce à un moyen d'observation artificiel, une série de phénomènes entrant directement en contradiction avec la physique officielle. Cette édition critique (la première à se fonder sur l'étude des manuscrits subsistants et de toutes les éditions du XVIIe siècle) est précédée d'une longue introduction, visant à situer le livre dans son contexte et à évaluer sa portée. Les conditions de la découverte de la lunette y sont notamment étudiées, ainsi que les problèmes épistémologiques qu'elle posait à une époque où un seul homme (Kepler et non pas Galilée) était en mesure de comprendre le fonctionnement de cet instrument. Enfin, étant donné que le Sidereus a été conçu à la fois comme un manifeste, une narration journalistique et un rapport expérimental, et nullement comme un traité scientifique classique, une annotation abondante signale les lacunes, les inconséquences, voire la poudre aux yeux, de ce texte fascinant niais essentiellement elliptique, en s'efforçant de les expliquer à la lumière d'autres écrits de Galilée et de ses contemporains.