Je partage avec Denis Tillinac une réelle admiration pour Simenon. Ce qui nous différencie l'un de l'autre, c'est que Tillinac est un authentique écrivain, ce que je ne suis pas, et qu'il aime toute l'oeuvre de Simenon, alors que je reste collé au corpus "maigretien". Lire son Simenon, c'est l'occasion de découvrir un auteur prolifique, ses ressorts, ses envies et sa vision, dure, sans concessions, naturaliste de la nature humaine. Ni juge, ni partie, Simenon décrit sans fioritures des destins tordus, écrasés, balayés par le poids des choses, de la vie et de l'appartenance sociale.
Ces "romans romans" impitoyables sont analysés en profondeur par un "amateur éclairé" . Maigret y a aussi sa part. Une analyse qui ne démystifie pas, ne déconstruit pas, ne radote pas dans des antiennes d'une certaine vulgate. Bref, une forme de roman. A lire, la pipe au bec.