Nul doute qu'on lira un jour "Le Nécrophile" comme il doit être perçu, à savoir comme un érotique, ténébreux certes, touchant à des espaces que l'oeil n'embrasse qu'avec une sorte d'effroi, mais texte amoureux, écrit par un antiquaire passionnément aimant et sensible, Lucien N., dont les amours sépulcrales ne trouvent leur épanouissement que dans les chambres fermées, froides et recluses, d'un appartement parisien. Nul doute que ce texte, toujours réédité mais jamais reconnu comme le chef-d'oeuvre qu'il est, si ce n'est pour le faire basculer dans l'inhumanité d'un constat clinique avec lequel il n'a rien à voir, brûlera éternellement dans le coeur obscur d'un certain nombre d'épris, sensibles à son esprit vénéneux.