Encore une fois, le dessin est précis (songeons aux tenues surchargées des papes de l'époque, admirablement restituées), le personnage historique est romanesque à souhait : monstre de cruauté, outre d'ambition, ecclésiastique athée et jouisseur, Della Rovere fait un parfait héros.
C'est la scénarisation qui me gêne : le travail de contextualisation historique, indispensable pour donner à cette BD une portée un peu plus ambitieuse que celle d'un vague gore-trip médiéval, n'est pas assez fourni. Pour le dire tout platement, j'ai lu ce tome 2 en une petite demi-heure. Ce n'est pas l'idée que je me fais des sagas historiques prenantes, aventureuses et pédagogiques, où la reconstitution des us de l'époque doit prendre toute sa part au récit.
On peut aussi déplorer le saucissonnage des tomes pour des motifs évidemment commerciaux. Les tomes I et II auraient pu être fondus en un seul.