De la mélancolie pure, d'une part l'apologie du temps perdu à ne rien faire d'autre que de futile, et d'autre part la confrontation avec le temps qui passe, abime et emporte tout. Hyppolite Girardot est parfait en jeune homme lisse, dilettante professionnel, et croyant finalement si peu à ses propres illusions. L'actrice principale est charmante, et c'est à peu près tout ce qu'on peut en dire, car le rôle lui laisse à vrai dire peu de chance de prouver autre chose. Marielle peut livrer un de ses plus beaux numéros d'acteur, aux limites de la folie et de la dérision. Dans un registre aussi comique que tragique, il se sublime littéralement ici ("Je suis la Reine des Belges, vous entendez, la Reine Astrid !"). Un rôle sur mesure, aussi intense et profond que celui qu'il tenait à la même époque dans un autre film méconnu, "Le sourire" de Claude Miller.
J'ai lu plusieurs fois le roman de Modiano à la recherche des clés de certains mystères du film, mais sans succès... Le degré de parenté est indéniable, mais un certain nombre de détails diffèrent. Tant mieux d'ailleurs pour le film, qui vit davantage par la personnalité des acteurs et l'ambiance des situations, que par la continuité du scénario.