Extrait
Avant-Propos
« Il me semble opportun de préciser dabord quil nest nullement question ici du parler des métiers anciens ni du parler ancien des métiers.
Jignore pourquoi, mais cest ce que lon a cru bon de me demander maintes fois, lorsque jai annoncé que je réunissais le plus grand nombre de ce qui concerne les mots du parler des métiers. Certaines locutions, sans doute, ont perduré depuis les années précédant la dernière guerre. En revanche, beaucoup dautres ont disparu ou sont considérées aujourdhui comme totalement obsolètes. Celles qui ont été prises en compte (très peu) le doivent à la désuète saveur quelles ont conservée. Je pense à quelques métiers artisanaux, ou aux bateliers, par exemple, et généralement à toutes ces corporations où la relève ne sera sans doute pas assurée.
Ce nest pas non plus un livre sur « largot des métiers », compte tenu, bien évidemment, de la spécificité argotique de certains milieux je pense surtout aux délinquants et par corollaire aux policiers, où la langue verte est toujours aussi présente dans son évolution. On ne peut guère cependant qualifier cet ouvrage dargotique.
À ma connaissance, la multicolore imagerie que fait naître le parler des métiers aujourdhui na pas été consignée dans son ensemble par quiconque et ne le sera probablement jamais. Il ma donc semblé dommage, en prenant acte de cette évidente lacune, de ne point essayer dy remédier un tant soit peu. Je souhaitais arriver au bout dun dictionnaire le moins incomplet possible.
Je navais pas mesuré lampleur de la tâche.
En effet, tant pour garder la mémoire dun patrimoine collectif, que pour la naïve satisfaction de mener à bien une tâche aussi ardue, il ma semblé souhaitable dy faire figurer le plus grand nombre possible de ces vocables « colorant » les pratiques de nos métiers. Ces mots, ces locutions, désignent des lieux, des objets, des qualités, des personnages, des actions, des situations bien précises tout en exprimant des constats ou des réflexions philosophiques souvent drôles, bon enfant, ou les deux à la fois.
À tous les mots, certes, ne sappliquent pas ces affriolants adjectifs. Il ma semblé opportun de ne pas négliger certaines formulations doù la platitude nest jamais bien éloignée. Ces mots, ces locutions, ces sigles, ces abréviations, plutôt rébarbatifs à lévidence, occupent une large part de lunivers langagier du milieu évoqué. Jai donc dû prendre en compte pour le moins ceux qui semploient de manière incontournable dans un contexte précis, pour respecter lhétérogénéité du vocabulaire de ce métier. Tout en veillant le plus possible au ton attractif de ce lexique évocateur, jai pris le risque de tenir compte, aussi, dun certain vocabulaire dénué dhumour, de truculence, mais non de réalisme.
Il nen demeure pas moins, que, plaisants ou sérieux, parfois poétiques ou moralisateurs, moqueurs ou ironiques, la plupart de ces parlers sont de petits bijoux linguistiques. Sinon aimables, ils sont, dans la plupart des cas, surprenants, pittoresques, et pour nombre dentre eux, savoureux. »
Pierre Perret
Quatrième de couverture
La multicolore imagerie que fait naître le parler des métiers d'aujourd'hui n'a jamais été consignée dans son ensemble. II m'a semblé dommage de ne pas y remédier un tant soit peu... Tant pour garder la mémoire d'un patrimoine collectif que pour la naïve satisfaction de mener à bien une tâche aussi ardue, il était à mon avis souhaitable d'y faire figurer le plus grand nombre possible de ces vocables « colorant » les pratiques de nos métiers. Ces mots, ces locutions, désignent des lieux, des objets, des qualités, des personnages, des actions, des situations bien précises tout en exprimant des constats ou des réflexions philosophiques souvent drôles, bon enfant, ou les deux à la fois. Plaisants ou sérieux, parfois poétiques ou moralisateurs, moqueurs ou ironiques, la plupart de ces parlers sont de petits bijoux linguistiques. Sinon aimables, ils sont, dans la plupart des cas, surprenants, pittoresques, et pour bon nombre d'entre eux savoureux... Pierre Perret