Bien souvent, ces poètes "modernes" passent inaperçus du public, et c'est donc sur les bancs de la Faculté des Lettres qu'on découvre Francis Ponge, puisqu'il est souvent au programme (parmi d'autres contemporains, ignorés !)
Il s'agit de courts poèmes, en prose, finement ciselés, qui décrivent des objets tels que le pain, un buisson de mûres, un coquillage, une orange, parfois quelques humains très parodiés, comme "le gymnaste".
Les poèmes ne sont pas de lecture aisée : ils demandent une longue observation et des "outils" pour être bien compris et savourés à leur juste valeur.
Pour cette raison, ils ne peuvent pas intéresser un large public, et seuls des initiés y auront accès, pour compléter leur bibliothèque de poètes modernes et contemporains. Quant aux snobs ou autres poétaillons d'occasion qui disent aimer Ponge, je ne les crois pas. C'est pour se donner un genre. On ne peut pas vraiment le lire au premier degré, et donc on ne peut pas comprendre l'essentiel.
A l'époque où l'on ne veut plus entendre parler de la rime, hier comme aujourd'hui, Francis Ponge excelle dans ce genre d'exercice. Je n'en fais pas particulièrement ma tasse de thé, et préfère mille fois Prévert, pour sa poésie légère et profonde, fantasque, amusante, touchante. Rien de tout cela n'apparaît chez Ponge, ou alors, il faut passer des heures à décrypter.
ah ! la poésie a vécu ! la poésie est morte !
Je préfère Baudelaire et Prévert, eux ont vraiment compris ce qu'était la Poésie. Les autres ont voulu faire "autre chose", et se sont, pour la plupart, égarés. Plus le temps passe, plus les poètes modernes et contemporains s'enfoncent dans l'oubli. Le mieux est souvent l'ennemi du bien.