J'ai acheté ce livre après avoir écouté un interview d'A. Jollien, encouragée par les critiques élogieuses des médias. Grande déception. Voilà un livre très personnel dont le sujet principal est le mal-être de l'auteur, son amertume, sa recherche désespérée d'une "joie" intérieure, son obsession délirante pour un "ami" à qui il voudrait ressembler.
J'ai été frappée par le manque de maturité de ses réflexions : "je fais décidément trop grand cas de moi", "je joue un personnage", "que tout le monde m'adore et me désire, voilà le fantasme !" "au fil de ce journal, je repère une incapacité à apprécier la vie", "persiste au fond de moi le fantasme d'éradiquer toutes les passions". Certes, on peut être réconforté de constater qu'un "philosophe" connait les mêmes tourments intérieurs que le commun des mortels.
Pour aller mieux, A. Jollien se focalise une bonne partie du livre sur la recherche d'une "ascèse" salvatrice, décide de pratiquer le "zazen", et arrive finalement à la conclusion que "Nietzsche a raison : en aspirant à un ordre impeccable, en s'évertuant à terrasser la passion et les pulsions, nous tuons la vie". Cela est d'autant plus vrai qu'on ne peut éliminer ni les passions ni les pulsions ! Les psychologues expliquent ça très bien...