Le sujet éponyme du roman est passionnant. Quel est le premier mot ? Pourquoi les hommes ont-ils décidé de le prononcer ? N'a-t-il trouvé le jour que dans une seule ou une multitude de langues ? Le sujet est vaste et le roman a l'objectif ambitieux et louable de l'ausculter avec des outils variés dont la liste suivante non exhaustive: linguistique, langue des signes, étymologie, paléontologie, ethnologie, pédiatrie, poésie, philosophie, littérature, politique, neurologie, religion, mythologie ou même la subjectivité de chacun. Voici ce que j'ai aimé dans ce roman.
Le problème est que malgré tous ces éléments qui m'intéressaient vivement, j'ai trouvé la lecture globalement ennuyeuse. Cette soeur qui vogue, suite à la mort de son frère, entre enquête et souvenirs ne m'a pas touchée. Les personnages peinent à trouver une réelle consistance. Parfois leur fantaisie, leur pluriculturalité ou leur onirisme m'a charmée mais j'ai trouvé qu'ils sonnaient souvent faux. Des détails sans intérêt sont accolés sans lien apparent aux pensées les plus intéressantes et les idées s'empilent mais ne sont pas réellement coordonnées et exploitées. Cela rend l'ensemble plutôt brouillon. La pirouette finale en guise de chute m'a déçue. « Le premier mot » se situe pour moi quelque part entre l'errance nostalgique et la vulgarisation scientifique mais ne m'a pas convaincue en tant que roman.