Le moins qu'on puisse dire de Montalban, c'est qu'il a le sens de la dérision. J'étais bidonné tout au long des cent premières pages où il décrit un repas réunissant les personnalités les plus en vue de la littérature espagnole, critiques, éditeurs et auteurs. Mais c'est une habitude avec Montalban, bien que ces pages figurent, pour moi, parmi ses plus réussies.
Il y a un petit plus qui rend 'Le Prix' formidable : contrairement à d'autres textes (le pianiste, notamment), l'obligatoire réquisitoire catalan est moins mis en avant et prête même à la dérision. Le fait que la scène se déroule à MAdrid fournit le prétexte à quelques regards croisés Madrid-Barcelone assez gratinés, et du plus bel effet comique. Mais surtout, et sans vouloir trop en dévoiler au futur lecteur, ce polar est un vrai-faux polar, caricature de son propre style qui donne à l'ensemble du texte une légèreté et une frivolité irrésistibles. Du Montalban en grande forme.