Ce "rêve Botticelli", c'est la poursuite de lignes, à une époque où l'on étudie la perspective, c'est des corps de femmes maternelles et fantasmagoriques, alors que les attirances de l'artiste vont plutôt aux hommes, et ce sont des références mythologiques et païennes, dans une Florence en plein bouleversement qui sombre dans le fanatisme religieux.
La vie de Sandro Botticelli a tout d'un grand récit; un homme mélancolique et tourmenté, un des plus grands artistes reconnus de son temps, qui est celui des Médicis, de Laurent le Magnifique, de la grande Peste et de l'inquisition religieuse.
On reconnaîtra donc à Sophie Chauveau un solide travail de recherche, les années que cela a réquisitionné et la passion visiblement investie.
Mais en dehors de cette loyauté envers son sujet, point de salut pour cet ouvrage.
Il faut connaître et aimer les oeuvres du peintre pour trouver au héros de ce livre un quelconque charisme.
Dépressif, pathétique, mais toujours animé de grands sentiments un peu mièvre, on nous dit (et répète) qu'il ne se sent bien qu'entouré de ses chats, mais nous le retrouvons sans cesse en pâmoison face aux amours de l'un ou de l'autre...
Les personnages qui constituent son entourage n'en sont pas moins peint avec ces gros pinceau; Leonard de Vinci est l'exact contraire de Botticelli, et pour cause, on nous dit (et répète) qu'ils sont rivaux...Michel-Ange est colérique, Filipino Lippi un grand adolescent...
Difficile de trouver une quelconque profondeur à cette fresque artistique et historique. Tout comme le grand peintre, l'écrivain semble ne pas aimer travailler ses fonds.