Je commencerais encore une fois par une question lapidaire assortie de la réponse qui s'impose :
« Le rapport Gabriel » est-il un bon roman ? Réponse : non.
Mais il ne s'agit pas non plus d'un mauvais roman.
Pourquoi cette œuvre ne constitue-t-elle pas un bon roman ? Le constat est simple : c'est d'un prétentieux ! Mais tellement prétentieux ! Mon Dieu, quelle auto-complaisance ! Quels accès de narcissisme insoutenables ! C'est d'une suffisance, d'une vanité ! Cette empilement de fausse modestie, d'humour n'ayant pour seul but que la glorification (pardon, le mot gloriole serait plus adapté) personnelle de son auteur, cette manière de s'élever au-dessus du commun des mortels... Moi-je moi-je moi-je moi-je...
Le commentaire de l'internaute précédent, sous forme d'un poème cocasse, est très juste dans son message, ce poème m'a bien fait rire car il tire à boulets rouges sur le gros défaut de l'ouvrage, défaut expliqué aussi par moi-même au début de ce commentaire.
Une somme de prétention et de parisianisme nombriliste. Soit.
Mais pas seulement non plus. Je ne tombe pas dans la dichotomie excellent / nul, dans une vision manichéenne tout blanc / tout noir.
Reconnaissons donc que Jean d'Ormesson n'est pas non plus la première plume venue. Je lui reconnais une belle écriture, un style précis, riche et agréable. Sa maîtrise de la langue française est incontestable. Une bonne syntaxe, un humour indéniable, une exposition intéressante de sa vie, ses souvenirs. Le sujet du roman est en lui-même original, agréable et cocasse. S'il n'était cette volonté de toujours tout ramener à soi, le roman de monsieur d'Ormesson aurait été un instant de littérature appréciable. Ces points positifs compensent l'aspect négatif principal, mais ne le compensent pas complètement.
Note personnelle : 7/20
Points positifs : écriture fine, riche, syntaxe sûre, histoire intéressante, voire rafraîchissante dans son concept (l'archange Gabriel s'entretenant nonchalamment avec l'un de nos académiciens).
Point négatif : prétention maniérée insupportable de l'auteur.
[NB : cet aspect négatif coule l'ouvrage. Un égo normalement dimensionné aurait permis d'accrocher un 11/20]