On était habitué chez Elizabeth George à une certaine finesse d'analyse, une approche psychologique intéressante des personnages, si bien que les « pavés » auxquels elle nous avait habitués ne nous faisaient pas peur.
Cette dernière histoire commence plutôt bien, on retrouve notre inspecteur Thomas Linley dans un contexte inhabituel : il vient de perdre sa femme et traîne sa solitude et sa douleur comme une âme en peine sur les côtes ventées de la Cornouaille.
Bien sûr, il tombe sur le cadavre d'un jeune homme et là, commence un défilé de personnages qui s'ajoutent les uns aux autres sans vraiment compléter l'histoire ou apporter quelque chose au tableau: on part dans tous les sens, sans doute Elizabeth George a-t-elle voulu brouiller les pistes, ce en quoi elle réussit parfaitement il faut bien le dire, car ce roman particulièrement brouillon n'arrive pas à capter notre intérêt et finit par nous lasser. Au fil des pages, on sent bien que l'enquête n'est plus qu'un prétexte à présenter une palette de personnages qui se croisent et s'entrecroisent, chacun avec ses problèmes, ses secrets, ses non-dits, ses rancoeurs inavouées, ses petitesses sans grand intérêt. C'est un peu comme si on avait devant nous un mille-feuille qui n'en finit pas de s'étaler au fur et à mesure qu'on l'ingurgite, et dont le côté indigeste finit par peser.