L'envers du décor se révèle ici sournois et fatale. Comment expliquer les homicides dans cette bonne vieille ville de Digne? Laviolette mis au parfum se mêle de dénouer l'écheveau de ces mystèrieux crimes. Si vous appréciez Maigret et Giono il vous sera difficile de résister à Magnan. Son bonhomme de commissaire est aux antipodes des superflics, le voir tenir un flingue tient de l'incongruité la plus surprenante. Pas macho pour un sou, évitant délicatement les mises en avant, il laisse filer l'enquête par d'autres. Mais attention il n'avale pas son chapeau pour autant, et s'arme de réflexion pour trouver l'énigme. Le climat du livre n'est pas méridional, il pleut sur Digne, le vent glace les ruelles sombres, les notables sont confortablement installés dans leur quotidienneté, un vie de préfecture pépère. L'écriture de Magnan est suffisament fine et ciselée pour peindre des personnages attachants, des situations intriguantes et surtout une athmosphère particulière, Magnèsque. N'hésitez pas, vous m'en direz des nouvelles.