Le printemps arrive sur l'île d'Öland. Avec lui, plusieurs personnes, fuyant le passé ou cherchant à le retrouver. Peter et son père Jerry (ce dernier étant au centre de l'intrigue policière), Vendela et Max, son mari et Gerlof. Tous ont des attaches en ce lieu : Peter habite la maison du vieil Ernst, Gerlof est revenu chez lui, quittant la maison de retraite pour ne pas y finir sa vie. Vendela revient sur l'île où elle a grandie et vécue une tragédie qui s'est soldée par l'incendie de la ferme de son père et la disparition de son frère handicapé. Tous ont un secret ou un pan caché : Vendela croit aux elfes et aux trolls qui vècurent (dit-on) sur l'île, Peter cache une enfance traumatisante hantée par un père éditeur et réalisateur de pornos, Gerlof découvre ce que sa femme faisait seule sur l'île pendant qu'il était en mer en lisant les carnets que son épouse lui avait pourtant demandé de brûler.
Tout commence avec l'incendie criminel du studio du père de Peter. Inquiet pour la sécurité de ce dernier, Peter décide de l'emmener sur Öland. Commence alors une suite d'évènements anodins en apparence qui vont très rapidement laisser penser que quelqu'un en veux à la vie du vieux Jerry. A cette intrigue se mêle d'autres lignes narratives qui donnent une réelle consistance aux personnages : les rapports de Vendela et de son mari Max, auteur à succès mais qui n'a pas écrit un seul de ses livres, Gerloff en vieux patriarche sage qui espionne sa femme défunte en lisant son journal intime et Peter déchiré entre son père et sa fille gravement malade. Et autour d'eux : l'île d'Öland, véritable personnage à part entière avec ses légendes qui teintent le livre de touches fantastiques très bien intégrées.
L'intrigue policière chemine lentement et tous ces personnages finiront par y être mêlés d'une manière ou d'une autre. Le rythme est lent, un peu comme le réveil de la nature au printemps, mais le style simple et direct permet de passer de très bon moments de lectures. Les chapitres courts incitent à toujours souhaiter savoir ce qui va arriver. Mais on n'est pas dans un polar trépidant où tout va à 100 à l'heure.
J'étais un peu réticent face à la mode des polars nordiques, alternant les bonnes surprises et les déceptions, mais j'avoue avoir trouvé en Johan Theorin un auteur dont j'ai envie de découvrir les autres livres.