Un "Selby", c'est un style, une marque de fabrique puissante, des climats particuliers et pesants. Un "Selby", ça vous retourne, ça ne vous laisse pas indemne. Mais, alors que l'on en est à la moitié du roman, on se dit qu'il aurait mieux valu ne pas avoir lu "Last exit to brooklin" auparavant. "Last exit...", ce livre monstrueux à tous les niveaux. On se dit que "Le saule" souffre de la comparaison. On se dit que, là où "Last exit..." est tout en "reliefs", "Le saule" est plus "plat". C'est un peu comme si Selby était passé de la 3D à la 2D. Et puis, et puis... plus on avance dans l'histoire et plus le récit monte en puissance, nous entraîne dans son tourbillon qui nous aspire irrésistiblement. La nostalgie se mêle à la violence qui elle même se mêle à l'amour. Les personnages enfantés par Selby sont toujours hors du commun et en tous cas loin de l'image de l'américain moyen que l'on souhaite nous renvoyer et nous "vendre" en général.
Selby explore toujours l'Amérique "underground", l'Amérique du revers de la médaille. Selby est un grand et aucun débat contradictoire n'est possible à ce sujet.
Fermez le ban.