"Le sceptre d'Ottokar" s'inscrit dans la lignée des Tintin inspirés par l'actualité, après "Le Lotus bleu" et "L'oreille cassée". Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'Hergé nous livre un album très réussi. Ici, c'est l'Anschluss qui est en ligne de mire, ainsi que les dictatures fascistes en général, qu'Hergé cible sans équivoque (après avoir été - de son propre aveu - un temps séduit par "l'ordre nouveau"... mais quel jeune Belge catholique et royaliste ne l'eût pas été en ces temps troublés ?)
Cet album introduit l'ambiance "roman d'espionnage" dans les aventures du petit reporter, un canevas qu'Hergé approfondira dans ses chefs-d'oeuvre "L'affaire Tournesol" et "Coke en stock". Cerise sur la gâteau : "Le sceptre d'Ottokar" enrichit la mythologie tintinesque en introduisant la Syldavie et la Bordurie, deux nations balkaniques pleines de ressources, ainsi que la cantatrice Bianca Castafiore, dit "le rossignol milanais"...